jeudi 24 mai 2007

Et voilà que se tourne la dernière page du chapitre 1…

Nous avons dévoré ces deux mois à Tanambe comme des affamés ! A l’école matins, soirs et week-end, avec un emploi du temps serré alternant les ateliers-spectacle (jonglage et musique pour Luis, danse et théâtre pour Milie), les jeux de parachute et la fresque murale … Je résume pour ceux qui n’auraient pas suivi, pardon pour les autres !!! Voilà enfin des photos pour illustrer nos propos !

Toute cette énergie et cette sueur dépensées se sont soldées jeudi 17 mai par une superbe journée, les enfants nous ont littéralement époustouflés ! Après la répétition générale catastrophique de la veille, nous étions quelque peu inquiets, d’autant que le temps était à la pluie depuis le début de la semaine et qu’évidemment tout était prévu en plein air ! Vous entendez déjà le Loulou affirmer de sa mégalomane superstition qu’avec lui toute fête se termine toujours sous la pluie et bien que nenni le soleil était là et bien là et les enfants à fond dans ce qu’ils interprétaient !!!

Les 200 spectateurs se sont émerveillés des 20 spectacles (en comptant les chorales des différentes classes d’âge et le spectacle des profs !), le directeur de l’école publique (car la Perfomance est une école privée, laïque mais privée !) a adoré et a même décrété « On a jamais rien vu de pareil à Tanambe ! »

Et puis il a fallu balayer la cour, superposer les chaises, plier les costumes dans le sac à dos, échanger les photos, se remémorer en riant les petits couacs que nous seuls avons vus… Jusqu’aux adieux tout aussi solennels que l’était notre arrivée, mais emprunts d’une émotion beaucoup plus sincère :

Vendredi, 16H30, au moment où l’on baisse les drapeaux dans la cour de l’école, les 270 petits bambins, sur les visages desquels nous pouvons maintenant mettre des prénoms, se sont tournés vers nous et, au lieu de chanter la Marseillaise comme à l’accoutumée, l’une d’eux, Sylvia, élève de 4ème, est venue lire un texte très émouvant de remerciements sur les expériences partagées, le souvenir laissé, etc…

Nos gorges se sont serrées, j’ai laissé couler la première larme, ai tenté de répondre par quelques mots qui se sont bousculés, pour finir en gros sanglots. Du coup, nous avons arrêté là les discours et les 270 petiots sont venus, en pleurs eux aussi, nous faire des tonnes de câlins et de bisous. C’était magique, du grand bonheur !!!

Je vais prendre ma douche avant la coupure d’eau et cède la place au Loulou.

Des baisers tout plein,

Milie.

Bon où en était-elle ? Ah oui. Moment magique, bonheur indéfinissable pour nous, tristesse inconsolable pour eux !!!

Mais ces moments d’adieux ont perduré toute la journée du lendemain où près d’une cinquantaine d’élèves sont venus nous voir à l’école le matin, jusqu’à se bousculer à la porte de « notre maison » (nous empêchant ainsi de faire nos bagages !!) tout l’après-midi pour faire une photo avec nous et nous offrir des cadeaux de toutes sortes : artisanat de la région tels que paniers et boites en roseaux, des petites sculptures en bois (arbres du voyageur, instruments de musique couchés au pied d’un cocotiers, des 2CV, des motos et des tracteurs…), des chapeaux, des avocats gros comme un ballon de football américain et deux œufs !!!

Milie a même reçu un bracelet et un mini sac à main de la part d’une mère de famille que nous avions simplement l’habitude de saluer sur notre chemin menant à l’école. Cette famille ne possède rien, ils n’ont presque pas d’argent, les enfants ne sont pas inscrits dans notre école et nous n’avons jamais créé de lien particulier avec eux. Et voilà qu’au moment où nous leur avons fait comprendre que nous partions pour de bon, la mère et la fille se sont ruées vers nous, munis de ces présents, avec une spontanéité qui nous a mis la larme à l’œil… Nous réalisions une fois de plus la force et la beauté de ces villageois altruistes qui allaient vraiment nous manquer.

Alors pour garder tous ces présents, voici l’histoire de la caisse en bois !!

Tout a commencé le jour où nous avons décidé de commander une caisse assez résistante afin d’envoyer l’artisanat à base de roseaux, raffia, et autres superbes matériaux de construction. Cela va sans dire qu’il est inconcevable d’envoyer tous ces objets, aussi beaux que fragiles, dans un carton. Pour avoir travaillé, dans les plateformes de Fret, à charger et décharger les camions, il est clair que notre colis serait réduit en crêpe ou en ballon de carton tellement les ouvriers n’ont pas le temps d’être consciencieux, poussés par des patrons qui les forcent à travailler, non pas bien, mais le plus rapidement possible. Gain de productivité oblige.

Bref. Enfin, comme d’habitude, je ne le suis pas trop !!

Tout cela pour dire, que nous avons eu la superbe, la magnifique, la splendissime idée de commander une caisse en bois ( ah oui je l’ai déjà dit ça !)

La première caisse que nous a ramené notre artisant, devenu un très bon copain d’insultes franco-malgache, était une très belle et grande caisse en bois d’azual. Le seul inconvénient, et de taille, est qu’elle pesait 19,5 Kgs. Détail important lorsque l’on ne peut dépasser les 20 kgs en Fret. Faites la soustraction et vous comprendrez ce moment ridicule et compliqué que nous avons dû gérer !!

Il a donc fallu en recommandé une autre, mais cette fois-ci plus légère, en bois de pin : plus petite en volume mais seulement 8,5 kgs. Victoire !! enfin pour l’instant…

Il a fallu batailler dur mais, après de nombreuses gouttes de transpirations, beaucoup de patience et d’esprit maniaque, nous avons réussi à faire rentrer chaque cadeau que les enfants nous ramenait toutes les cinq minutes, la veille de notre départ.

Nous voici alors partis pour Antananarivo, avec tous nos bagages et cette caisse en bois dont nous allions enfin pouvoir nous débarrasser rapidement avant de commencer notre périple vers le nord-ouest.

Mais voilà qu’à Madagascar, rien ne se passe comme on se l’imagine !!!

Nous avons perdu toute la journée à aller d’un point à l’autre de la ville, des postes publiques, qui gèrent les colis postaux, aux agences privées de Fret, à dépenser une somme incommensurable en taxi, un temps fou à discuter, négocier, à croire enfin à la solution, à être, l’heure d’après, tombés dans la désillusion… et toujours avec cette caisse à la main ne sachant qu’en faire !

Car, nous l’avons appris à notre grand damne, il n’y a presque aucune solution pour envoyer un colis par voie maritime. Au meilleur des cas, nous devions aller faire une attestation de valeur auprès du ministère des arts et cultures, une liste de colisage et une dispense ERD (pour ne pas payer de taxes sur les entreprises) auprès d’un autre organisme public. Cela nous aurait pris quelques jours précieux que nous n’avions pas et sans compter sûrement sur les bakchichs à payer de-ci, de-là. Et il était hors de question de débourser près de 200 euros pour envoyer par avion un colis qui n’en vaut que 60.

Alors, sur une merveilleuse idée de la part du grand responsable d’une agence de Fret de la capitale, nous décidons de changer notre itinéraire initial pour rejoindre le port d’Antsiranana (Diego-Suarez), à la pointe Nord-Est du pays, où il est certain, selon lui, de pouvoir envoyer par bateau cette encombrante caisse qui commence à nous coûter cher, à tous points de vue.

27 heures de taxi-brousse plus tard, nous voilà arrivés éreintés par la route et inquiets pour notre santé physique. Non pas à cause d’une nouvelle diarrhée, due à la nourriture indigeste que l’on est obligé de manger en route, mais bien parce que deux heures plus tôt un malgache, dont le taux d’alcoolémie était de loin supérieure à la vitesse à laquelle il roulait, nous a percuté de plein fouet avec son scooter. Il roulait sans phare et trop près du taxi brousse d’où nous venions tout juste de descendre pour faire une halte de dix minutes. Nous étions en train de discuter gaiement avec un passager et n’avons rien vu venir dans notre dos. Milie s’est pris l’avant du scooter dans le dos, la faisant tomber à terre et malheureusement heurté le bitume la tête en arrière, et l’instant d’après le scooter m’a fauché les deux jambes en retombant sur le coude et le poignet, heureusement sans conséquences…

Tout à coup, une masse humaine s’est empressée autour de nous pour nous aider à nous redresser, à évacuer le scooter qui se vidait de toute son essence sur l’asphalte, à nous prier d’aller voir un médecin et à rechercher le fautif de cet incident. Ce dernier avait mystérieusement disparu dans tout ce tohu-bohu. Milie n’avait pas trop mal, si ce n’est ce choc assez violent à la tête. Bien que nous avons refusé de passer chez le médecin du village d’Ambilobe, parce nous sentions à peu près ok, nous nous inquiétions quand même d’un possible traumatisme crânien. Surtout qu’il y a quelques temps, nous avions appris qu’un gendarme, alors en fonction, s’était fait percuté sur son vélo par une voiture. Petite précision, il était complètement saoul (pas le chauffeur), n’avait absolument rien senti du choc qu’il venait de recevoir et est rentré tranquillement chez lui comme si de rien n’était. Deux heures plus tard, il s’est évanoui pendant son repas et ne s’est jamais réveillé : hémorragie interne…

J’avais plaisanté ce jour-là en disant que moralité : Il ne fait pas bon être gendarme !!! Dans le taxi-brousse qui nous menait à Diego-Suarez, je regrettais profondément cette mauvaise blague…

Tous deux avions peur qu’elle dorme mais nous étions tellement fatigué par la route qu’il était impossible de faire la distinction entre l’épuisement et le malaise.

Mais plus de peur que de mal… même si le mal est encore un peu présent, la peur s’est dissipée le lendemain avec la confirmation par les radios faites à l’hôpital qu’il n’y a absolument rien.

Et cette caisse ? C’est bien à cause de celle-ci que tout est arrivé. Et en plus de tout cela, nous nous sommes heurtés à des réponses plus négatives les unes que les autres de la part de toutes les agences de Fret de la ville. Solution, louer un container de 200 tonnes à 2000 euros pour y déposer notre caisse à l’intérieur !!! Pas convaincu.

Autre solution : la garder avec nous jusqu’à retourner à la capitale dans un mois et demi pour l’envoyer et faire les visites des ministères et bakchichs et Co ? En résumé : retour à la case départ !!!

Un vrai cadeau empoisonné que cette caisse en bois !!!

Nous quittons Diego, cet après-midi, et ses inombrables coupures de courant, dues aux grèves multiples des employés de ce service public qui court, un peu plus tous les jours, vers le dépôt de bilan. Beaucoup soupçonnent l'immobilisme intentionnel du gouvernement, dirigé par le dictateur néo-libéral qu'est le président "démocratique" Ravalomana, afin d'ouvrir le secteur de l'électricité aux investisseurs étrangers (Europe et Chine en particulier). De surcroît, pour répondre aux nombreuses manifestations de mécontentement, voire émeutes, dans presque toutes les grandes villes du pays, il envoie les forces de l'ordre pour calmer les esprits. On en connait d'autres qui agissent de la même manière. Les relations franco-malgaches vont sûrement devenir très bonnes ces cinq prochaines années.

Bon assez de politique...bah j'y arrive pas ! C'est plus fort que moi ! Et n'oubliez pas les législatives !!

Luis


dimanche 13 mai 2007

LE FRONT NATIONAL DIRIGE LA FRANCE…

Non, ce n’est pas de l’ironie, du sarcasme, une mauvaise blague de mauvaise foi. Il suffit de se rendre à l’évidence que notre nouveau président de la république a réussi son pari de séduire les électeurs de Le Pen sans qui il n’aurait peut-être pu, ni passer le premier tour, ni être élu en tant que chef d’état. Il est étonnant de voir que, bizarrement, le FN a perdu près de 10 % de son électorat au premier tour et que les partisans n’écoutent même plus les consignes de vote au deuxième tour de leur leader. Ce dernier, malgré tout ce qu’il peut dire, est devenu conscient de sa lente agonie politique et s’est rendu à l’évidence qu’il a été mis hors jeu par bien meilleur homme de communication que lui.
Pour preuve, il suffisait de voir dimanche soir qu’il n’y avait absolument que des blancs parmi les partisans bleus de Sarkozy. Et ces personnes sont censées représenter la France métissée ? une France ouverte à autrui ? Une France qui voit plus loin que son nombril et son portefeuille ?????
Autre remarque, le résultat de ces élections coïncident avec le fait que la France vieillit au sens propre du terme. Sans vouloir faire de caricature ou avoir des préjugés, j’ai beaucoup de mal à croire qu’il y a autant, sinon plus, d’électeurs de 18-30 ans ayant voté pour notre nouveau président que la génération de leurs parents et grands parents. Si l’on admet que tous les gens en âge de voter se sont, à plus de 85%, présentés aux urnes, alors il faut bien reconnaître que les papy boomers sont bien plus nombreux que la jeunesse française à voter pour la protection de leurs intérêts et pour l’exclusion sociale, économique, politique et raciale.
Alors les médias peuvent dire tout ce qu’ils veulent (la victoire de la démocratie qui doit être respectée dans le calme et la paix, le retour des belles valeurs civiques…) mais une chose est sûre : le FNUMP est bel et bien assis sur le trône royaliste tandis que la liberté et le pouvoir du peuple sont plus que jamais en danger…
Et malgré le beau discours démagogique d’extrême gauche que notre nouveau président a osé déclaré dimanche soir (il a simplement dit ce que tout un chacun avait envie d’entendre pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’hostilité, de manifestations immédiates contre lui), il devra continuer à garder le plus longtemps possible cet électorat si précieux d’extrême droite en agissant comme l’aurait fait un Le Pen au pouvoir…
Mais ça, tous ceux qui ont voté contre lui le savent déjà. Quant aux autres…En ont-ils seulement conscience, s’en moquent-ils ou en sont-ils fiers ?? Un peu des trois sûrement…
En ce qui concerne les réactions de certains sur le fait de leur reprocher d’avoir voter pour Ségolène Royal, peut être me suis-je mal fait comprendre…
Je ne reproche à personne en particulier d’avoir voté pour elle en toute âme et conscience, par conviction personnelle ou par militantisme. Je n’ai fait que constater que l’extrême gauche a lourdement été pénalisée par le chantage que le PS a fait à travers le « vote utile ». Et ne venez pas me faire croire le contraire : cela a été leur ligne politique depuis le début de cette campagne en prônant qu’ils étaient les seuls capables de contrer Sarkozy.
Et c’est bien à ces friables électeurs que je m’adresse : ils se prétendent d’extrême gauche, disent en avoir assez de voir toujours les mêmes au pouvoir (de droite comme de gauche), aimeraient voir les choses évoluer vers des valeurs plus équitables pour tous. Seulement dès qu’il y a un obstacle aussi gigantesque que Sarkozy, alors ils se tournent vers ceux qu’ils critiquaient auparavant, votent pour le libéralisme social prôné par le « centre gauche caviar » qu’est devenu le Parti Socialiste, laissent de côté leurs idéaux et leur morale et tout ça pour quoi ?? pour voter « utile » ?!!!
Ce vote n’a été utile que pour ce parti qui était en décomposition depuis la défaite de 2002 et le Non à la Constitution Européenne de 2005. N’oublions pas que le PS, menée alors par Ségolène Royale et Dominique Strauss Kahn, était un farouche partisan de cette constitution libérale qui aurait légalisée les pratiques quotidiennes peu scrupuleuses et anti-démocratiques des plus puissants et des plus riches décideurs, qu’ils soient patrons de multinationales, investisseurs, hommes politiques...
Conséquence de ce vote « inutile » :
1-N’est-il pas écoeurant de voir, qu’une fois de plus, les colossales sommes d’argent engagées, lors de cette campagne, par les 4 plus riches partis de France (dont le FN) vont être intégralement indemnisées… au frais du contribuable bien sûr (mais cela tout le monde s’en fout car on préfère s’en prendre plutôt aux chômeurs et aux rmistes) ?
2-Au delà du fait qu’aucun des partis d’extrême gauche ne pourra se faire rembourser sa campagne, car il faut atteindre les 5%, au-delà du fait que ce sont précisément ces petits partis qui n’ont déjà pas beaucoup d’argent pour militer et continuer la lutte contre ces grosses limousines politiques, c’est un vrai coup au moral et de discrédit qui s’est abattu sur eux.
« La France ne croit plus aux extrêmes » pouvait-on lire dans la presse.
D’autant plus que les grands médias continuent à s’acharner sur eux en faisant passer les manifestants, qui se sont rejoints spontanément et pacifiquement dans les rues des grandes villes de France pour montrer leur désarroi et leur mécontentement sur le vote de la majorité de leurs concitoyens, pour de vulgaires partisans d’extrêmes gauche anti-social, non respectueux de la démocratie, pour des casseurs et des pyromanes. Les médias corporatifs ont, comme à l’accoutumée, omis de dire que la manifestation a dégénéré quand les CRS sont arrivés pour briser la manifestation.
Question : Pourquoi y a t’il eu des manifestations gigantesques, soutenues (pour ne pas dire décidées) par les médias et hommes politiques de tous bords, le 22 avril 2005
après avoir élu Le Pen au deuxième tour sans qu’il n’y ait aucune charge de CRS, aucun blessé par la police, aucune interpellation et aujourd’hui, plus personne n’aurait le droit de s’opposer à la nouvelle décision prise par les 53% des électeurs français ??
Alors évidemment on peut se convaincre aisément qu’il est trop tard, que le mal est déjà fait, qu’on ne peut plus rien faire pour empêcher Sarkozy d’appliquer ses lois. C’est le discours apathique habituel…
La France doit résister oui. Et pas seulement dans les mots, car ils ne sont rien sans les actes. Déjà RESF a déclaré continuer la lutte contre les expulsions d’enfants scolarisés et issus de l’immigration, les syndicats et les structures publiques (écoles, universités, hôpitaux, la Poste, EDF-GDF… déjà malmenées depuis l’ère Chirac), mis à part l’armée et la police, sont plus que jamais menacés dans leur statut et continuent à se mobiliser, la précarisation de l’emploi et les pleins pouvoir au patronat vont s’intensifier, les indemnisations de chômage vont être durcies, toute la France d’en bas est visée par nos futurs dirigeants.
53% des électeurs français (ce qui ne veut pas dire 53% des gens qui habitent dans ce pays, il y a une forte nuance à faire ici !!) a décidé de soit contrôler le pays, soit être contrôlé par ceux qu’ils ont installés au pouvoir.
Et vous qui avez voté contre, qu’allez vous faire ?? Vous laissez contrôler en prenant le risque de perdre vos libertés individuelles, votre liberté d’expression ? Baissez les bras ? ou Résister à votre manière ?
A commencer déjà par les prochaines élections qui sont aussi, sinon plus désormais, importantes que les présidentielles : celles qui vont décider, le mois prochain, quel parti politique suivra ou bien tentera de freiner, ou de contrer, les lois Sarkozy en élisant le prochain gouvernement et la prochaine assemblée nationale.
Beaucoup ont tellement mis d’espoir dans ces présidentielles, et nombreux sont ceux qui votaient pour la première fois (je pense notamment aux jeunes des banlieues), qu’ils ne doivent plus croire, désormais, à l’utilité de voter. Et bien, je pense, qu’ils feraient là une grave erreur de jugement de sous-estimer l’importance des législatives de juin : une forte abstention ne pourrait que rendre service au dangereux gouvernement que Sarkozy va nous pondre la semaine prochaine.
N’oublions pas que, sans exagération, la France n’a jamais été aussi menacée depuis Pétain. N’oublions pas non plus que nombreuses sont les personnes mortes, ou qui ont combattu, dans le passé pour pouvoir jouir aujourd’hui des droits individuels, de la couverture sociale, de la protection des droits du travailleur, de la retraite, des congés payés, d’un des meilleurs systèmes de santé et d’éducation au monde… et que nous avons désormais (depuis quelques temps quand même) en France, comme dans beaucoup d’autres pays européens, des hommes au pouvoir qui vont, bien plus que remettre en question, complètement réformer ses privilèges (qui n’existent presque nulle part ailleurs dans le monde) au nom de la privatisation, et qui vont nous renvoyer au moyen âge social ou au modèle étasunien, selon les points de vue… mais le résultat sera le même.
Luis
P.S : Pour finir quand même sur une note joyeuse, je voulais souhaiter, malgré son cadeau empoisonné de 20H00, un bon anniversaire à ma belle maman qui a fêté ses 52 ans, le 6 mai 2007.
Notre numéro de téléphone si ça intéresse certains. Cette fois c’est sûr c’est celui-là :
00261 20 54 081 63
Vous pouvez nous joindre tous les soirs entre 19H30 et 21H30, heure de chez vous. On part le 20 mai pour d’autres aventures, mais avant cela on vous racontera la dernière ligne droite de nos projets tumultueux à Tanambé.

mardi 24 avril 2007

politique et doux village

Bonjour à tous,
Nous avons appris ce matin seulement les résultats du vote des français !!!
Force est de constater que le peuple préfère voter par peur ou par calcul politique d'un côté au lieu de voter pour ses propres convictions, ses idéaux et, de l'autre, pour la peur, le calcul financier, l'individualisme, la haine et le totalitarisme.
Et ensuite on nous chante les louanges de la victoire de la démocratie !!!!!!
Nous sommes assez dépités de réaliser une fois de plus, que nous et nos amis faisons partie d'une toute petite minorité et que ce pays dans lequel nous vivons est peuplé de gens avec qui nous n'avons vraiment rien en commun. C'est triste et désolant !!! Vu d'ici, réaliser que les questions d'environnement et d'alter-mondialisme ne préoccupent personne est assez navrant.
C'est, une fois de plus une grande leçon, pour l'extrême gauche qui ne comprend toujours pas ce que la solidarité et l'union veulent dire, eux qui ne cessent de ressasser ces mots. Tant qu'il n'y aura pas de vrai lobbying de tous ces petits partis avec un seul candidat crédible, ils resteront inexistants…au plus bas de la vie politique.
Mais qu'ils ne s'inquiètent pas, car si « leur autre monde est de moins en moins possible », il y en a un qui va bientôt être inévitable compte tenu du désastre socio-politico-ecologique mondial dont chacun de nous est responsable et pour lequel nous continuons de voter....et ce monde là va être beaucoup moins doux à vivre pour tous les êtres humains de cette planète.
Et puis la défaite de le Pen...pfff... l'électorat qui l'a laissé tomber a trouvé un bien meilleur poulain désormais pour enfin voir leur idéologie mise en place !!!!!
Nous tentons d'expliquer à nos amis malgaches de l'école, que le français moyen s'est encore une fois plus soucié de son nombril et de son portefeuille que de ce qui peut se passer à l'extérieur de chez lui, et que cela va être de plus en plus compliqué pour eux d'obtenir un visa pour venir nous rendre visite en France !!!
Bon, pour nous, tout continue son cours tranquille malgré tout. Nous attaquons notre deuxième semaine intensive d'ateliers (théâtre/danse pour Milie, jonglage-accrobaties/musique pour Luis), et des esquisses de spectacles commencent à voir le jour...
Les enfants commencent à nous adopter, les grands (collège) nous invitent à leurs booms (que le temps fut long avant de pouvoir déguerpir !), les petits cessent de hurler de terreur lorsqu'ils nous aperçoivent ( Faltin, 3 ans, le plus terrorisé, a avoué à ses parents que c'était le grand nez de Luis qui l'inquiétait le plus ) et nous continuons à nous engraisser gaiement aux rythme des mets raffinés de Joliot ! Nous débutons demain un autre projet qui consiste à faire peindre par les enfants une immense fresque sur un des murs de l'école. Car il semble qu'ils n'aient pas souvent l'occasion de s'exprimer ou de créer. Alors, on en profite, ce sera les mois des "vahazas", où tout le monde se lâche...
Les profs aussi du coup ont décidé de créer un petit spectacle pour la fête du 17 mai.
Ce qui est formidable ici, c’est de voir que nous avons carte blanche pour tout ce que nous voulons réaliser dans cette école, et malgré le peu d’argent et de matériel, tout le monde se plie en quatre pour mener à bien ces projets, aussi bien les élèves et leurs parents que professeurs et directeurs. Le « Solidarity system D Project » en quelque sorte !!
Nous commençons à nous sentir chez nous dans la haute maison de 3 étages qui nous a été prêtée, nous nous habituons à économiser l'eau, car lorsque la réserve est vide, il faut la remplir en puisant à l'aide de seaux et cordes... Nous avons une colocataire grenouille qui s'amuse à faire des sauts sur le lyno au milieu de la nuit et quelques gros cafards qui se relaient... La lumière est magnifique le matin et au coucher du soleil, les rizières qui entourent tout le village se teintent d'un vert flamboyant, et les nuits sont gorgées d'étoiles !
Il règne dans ce village une douceur de vivre parfois incompréhensible lorsqu’on se dit que la majorité de ses habitants souffre, depuis Novembre, de la période dite de « soudure », où tout le monde attend mi mai pour récolter le riz de leur terrain. Ils pourront enfin gagner de l’argent et manger sans compter chaque grain de riz de leur dernier stock. Entre temps, ils tentent de vendre dans la rue des fruits, des légumes, de la viande ou du poisson plus ou moins frais, des sacs plastiques, des flacons de toute sorte, de l’artisanat, n’importe quoi qui pourrait leur permettre de survivre…
Il arrive régulièrement que, durant ces cinq mois très difficiles pour tous, des villageois n’hésitent pas à se voler entre eux. Lors du lundi de Pâques, certains, peu scrupuleux, profitent des maisons vides pendant que tout le monde a quitté le village à pied, en vélo, en pousse-pousse, en taxi bicyclette, en voiture, en taxi brousse pour aller voir sa famille, ou entassés dans des camions et camionnettes pour aller à l’église catholique, protestante, orthodoxe, pentecôtiste (et j’en passe) d’un village voisin, avant de tous se réunir dans l’après midi pour faire la fête dans une prairie ou au pied d’une colline. Mais ces choses là n’arrivent pas si souvent que cela, rassurez-vous !!
Tiens d'ailleurs nous avons un téléphone fixe chez nous, si certains peuvent appeler gratuitement... Vous pouvez appeler de 20H30 à 21H30 (19H30 à 20H30 chez vous !) parce qu'on se couche très très tôt. Nous sommes réveillés tous les jours à 6H !!! Ou le week-end :
indicatif Madagascar : 00 261 (à vérifier...)
numéro à ajouter peut-être ??? : 020 ou 20
notre numéro : 54 081 63
Sinon, nos projets restent inchangés pour l'instant. Après le spectacle nous quitterons notre paisible petit village pour nous rendre sur la magnifique côte de la Vanille, où nous ferons une petite tournée du spectacle avec des artistes acrobates de la capitale, puis nous rejoindrons la ville de Mahajanga où nous prendrons un petit bateau jusqu'au Comores, ce qui nous permettra de renouveler notre visa pour 3 nouveaux mois.
A bientôt.
Luis et Milie

mercredi 4 avril 2007

Manaoné de la capitale

Manaoné à tous,

Enfin !! Cela fait du bien de pouvoir avoir une vraie connexion internet pour pouvoir envoyer des nouvelles fraîches.

Malheureusement, aujourd'hui n'a pas été la meilleure des journées. Non pas parce que nous avons été braqués ou ennuyés par les chauffeurs de taxis ou tous ceux qui veulent nous vendre de tout et de n'importe quoi (cela va même jusqu'aux carnets de tampons !! Allez savoir à quoi cela peut servir!), ni par le fait de voir des vieux et grassouillés vazas, au regard lubrique, accompagnés par de petites jeunes malgaches à peine sorties de l'adolescence et déjà déguisées en poupées Barbie, ni par le fait de voir aujourd'hui un référendum, d'ores et déjà truqué, pour l'adoption d'une nouvelle constitution qui donnera les pleins pouvoirs au dictateur qui sert de président au pays, ni par le fait qu'il pleut et qu'un autre cyclone menace encore l'île rouge...

Non rien de tout cela.

Il faut dire tout d'abord que, depuis quelques temps, nous pensons de plus en plus à l'adoption. Nous en parlons avec notre entourage ici et nous sommes venus spécialement à Antananarivo pour se renseigner un peu plus et prendre contact avec les orphelinats. Nous commencions à rêver d'un petit bout que l'on ramènerait avec nous en France, à nous projeter vers l'avenir.

Et puis voilà, nous avons rencontré ce matin une dame qui s'occupe de tout cela et nous a montré les nouvelles lois malgaches en matière d'adoptions internationales...

Retour sur terre....

Il faut déjà l'agréement de la DASS en France, passer des tas d'examens psychologiques, faire un tas de paperasse dans notre pays avant de pouvoir prétendre à un enfant ici. Puis cela ne passe plus par l'accord du directeur de l'orphelinat mais par l'état, autrement dit cela rallonge le délai de plusieurs mois (voire plus) sans parler du coût monétaire engagé...

Il faut dire qu'il y a eu tellement d'abus et d'enlèvements d'orphelins ces dernières années que le gouvernement a ressérrer la vis...

Donc voilà, nous rentrerons pour sûr à deux et non à trois, comme nous en rêvions. C'est un coup dûr au moral mais nous nous en remettrons vite. Et puis, nous n'abandonnons pas cette idée, c'est juste un projet remit à plus tard.

Alors nous allons rentrer dans notre petit village, revoir et s'occuper des 270 bambins qui nous ont d'ores et déjà adoptés !! Déjà l'autre jour, alors que nous étions en route pour venir à Tana, un des enfants de l'école a crié en malgache dans l'unique rue du village bondée de monde :


"Eh !! voilà nos vazas à nous !!! " Il existe encore des endroits sur Terre où les étrangers sont encore considérés comme des "porte-bonheur" !!


Seuls deux ou trois enfants, en petite et moyenne section, sont toujours térrorisés par les blancs qui se maquillent et font des spectacles bizarres où ils jouent des instruments étranges, font de la magie (noire pensent encore certains !!), courent dans tous les sens, crient, pleurent, et se réconcilient en jonglant et en sculptant des ballons !! Du coup, ils ne veulent plus venir à l'école si les vazas sont là !!!

Nous sommes de plus en plus amoureux de ce pays et de ses habitants au sourire constant, à la joie de vivre sans faille, par leur altruisme et leur générosité. Les fous rires mutuels et quotidiens avec les directeurs et les professeurs, depuis seulement deux semaines, ont créé une complicité rare et créent l'illusion que l'on se connait depuis plusieurs déjà. Ce pays est un véritable carrefour culturel et ehnique où se croisent allègrement l'Inde, la Chine, la Malaysie, l'Occident, le Moyen Orient et l'Afrique. Il est quasiment impossible de savoir physiquement qu'un malgache est un malgache tellement ses traits sont un mélange de toutes les ethnies du monde.
Nous sommes préssés de retourner dans notre petit village et quitter Antananarivo au plus vite. Malgré les mauvais échos de tous ceux qui sont passés ici, nous trouvons que la capitale n'est pas si oppressante et éttoufante que cela. Par rapport à ce que l'on a pu vivre à Bombay, Delhi, Rio de Janeiro, Mexico, Baghdad, Lima ou Quito, Tana reste malgé tout au rythme malgache du "Mora mora" (tranquille traquille), où le plus haut bâtiment de la ville doit être une église, pas de gratte-ciel, peu d'embouteillage, des transports en commun de partout, un centre culturel très interéssant, beaucoup de pauvreté et peu de voleurs ou d'arnaqueurs (même s'il faut quand même éviter de sortir tard la nuit...comme dans toutes grandes villes).

Seule la question alimentaire reste un problème pour un végétarien !!! Bien que nos amis de l'école tentent de me bichonner en préparant à chaque fois quelque chose sans viande et sans poisson, il est très difficile pour moi de manger autre chose que du riz, des carrottes, des haricots et surtout des oeufs (je commence même à ne plus supporter la vue d'une omelette!!). Donc au niveau complément alimentaire et protéines, c'est de plus en plus difficile et je me sens parfois très faible physiquement.

De plus, tout le monde s'amuse (y compris Milie) à jouer aux démons de la tentation, au serpent du jardin d'Eden, en me présentant tous les jours, non pas une pomme, mais un délicieux filet de Zébu ou de la carpe toute fraîche du Lac Alaotra !!!

Alors voilà, J'AI CRAQUE !!! Je me suis remis à manger de la viande.

D'abord pour les raisons que j'ai invoquées auparavant et puis, raison que je n'arrive toujours pas à comprendre, parce qu'à chaque fois que je voyais du Zébu sur la table, cette viande me donnait vraiment envie d'y goûter, chose qui ne m'était jamais arrivée depuis 4 ans, au grand damn de ma maman, de mes amis et de mes beaux parents !!!

Je dois dire que Joliot, le directeur de l'école, est un somptueux cuisinier et que cette vache à bosse malgache est réputée pour être l'une des meilleures du monde et je confirme, malgré tous mes états d'âmes !
Il ne manquerait plus que je me remette à fumer, à boire et à danser. Quoique pour les deux derniers c'est déjà fait également !
Ce pays est en train de briser tous mes principes, pour mon plus grand plaisir ou à ma plus grande peine ?? Je ne le sais pas encore... Tout ce que je sais, c'est que je me sens bien et heureux d'être ici et de ce nouveau moi.
Luis

vendredi 30 mars 2007

En route vers Tanambé

Remémorez-vous un épisode de “la croisière s’amuse” et vous aurez un avant goût de notre petite et fort sympathique traversée de l’océan indien…
Bon, il est vrai que la piscine était vide et couverte d’un filet et que nous n’avons pas pu en profiter… Mais même vide, elle est la marque d’un temps où le Mauritius Tronchetia était à son apogée. Le vieux ferry est maintenant bien rouillé mais il nous a mené à bon port : Tamatave (à l’est de Madagascar). Contrairement aux voyages en avion, sur un bateau on peut se ballader, prendre une douche chaude, dormir allongé, prendre le temps de rencontrer les autres passagers, et, lorsque la mer est calme comme un lac, faire une journée entière de tarot avec 2 accolytes bretons ! Donc une douce traversée rythmée par des songes bercés de vaguelettes !

A l’arrivée, une petite séance d’attente à la douane, histoire de se frotter aux autorités locales… Pas bien méchante ! Les douaniers avaient le sourire et vraiment pas envie de s’embêter à fouiller les sacs.

C’est là que nous avons retrouvé, Anicet, médecin et membre actif de l’association “vivre à madagascar”, qui nous a accueillis dans son pays et aidé dans nos démarches variées dont je vous passe les détails (rapport au visa de 3 mois et aux preuves que nous devons fournir de nos divers départs et arrivées). Nous allons donc rester jusqu’au 20 juin à Mada, puis prendre un avion de Mahajanga à Mayotte, d’où nous irons peut-être aux Comores ou au Mozambique, mais cela reste à définir sur place.

Ensuite… ah ensuite, nous avons pu nous délecter des joies du taxi-brousse post-cyclone, pour aller de Tamatave à Tanambé (au bord du lac Alaotra), environ 300 kms en 17 heures, un pur délice pour nos articulations !
Mais nous avons traversé des paysages variés de la côte humide et tropicale, jusqu’à la plaine des rizières, où se trouve le lac Alaotra, de nombreux petits villages et enfin … Tanambé !

Là, fatigués, las, éreintés des nombreuses altes dûes aux roues embourbées dans les routes ravagées par les éboulis du cyclone, nous avons
eu droit à un accueil des plus inatendus !!! Amélie, épouse d’Anicet et directrice de l’école “la performance” où nous allons intervenir, avait prévenu les enfants de notre arrivée. Ils nous attendaient tous alignés de chaque côté de l’unique rue de Tanambé, tapant dans leur mains et chantant “la bienvenue à Luis et Emilie”, ils nous ont fait sortir de la voiture et défiler tels des hauts représentants diplomatiques, pour notre plus grande gêne…
Ensuite, ils nous ont emmené jusqu’à l’école où ils ont hissé les drapeaux malgaches et français en chantant “la marseillaise”, puis l’hymne national malgache, nous étions dans nos petits souliers !

Depuis, heureusement, nous sommes revenus à des relations plus simples et plus saines, nous avons mis au point le programme de nos interventions avec la charmante équipe des professeurs. Nous sommes intervenus auprès de toutes les classes vendredi, proposant jeux, chants, démonstration de jonglage et de didgeridoo…
Les enfants sont emballés par le projet, ils ont très envie d’apprendre.
Déjà ce matin, presque tous les élèves tentaient de jongler avec les cailloux de la cour pendant la récréation et ce sont les filles qui s’en sortaient le mieux. Elles jouent souvent à un jeu qui nécessite de savoir jongler et ce sont elles qui montraient comment faire aux garçons. Nous faisons partie des rares “vazas” (étrangers) à être venus au village et suscitons une grande curiosité. Le projet consiste en une semaine d’ateliers “découverte” musique, danse, théâtre, jonglage jusqu’à mardi prochain, puis mercredi nous jouons “Dilse”, notre petit spectacle pour fêter les vacances de Pâques. Ensuite, les enfants partent pour 2 semaines de vacances. A leur retour, nous aurons 5 semaines pour monter un
spectacle où, volonté des enseignants, les 270 élèves participeront !!!
Nous avons donc du pain sur la planche…
Pendant leurs vacances nous allons aller à Tana, histoire de régler quelques détails administratifs, et rencontrer Virginie, de l’association “l’aléas du possible” qui a monté une école de cirque avec des enfants de la rue et avec qui nous allons sans doute faire une petite tournée en juin sur la côte de la vanille…

Tout va donc pour le mieux pour nous, du boulot, du boulot, mais on aime ça et on est là pour ça… Tanambé est un village des plus paisibles, où les habitants s’éveillent à 5H du mat, pour partir travailler dans les champs “à la fraîche” et où tout le monde dort à 22H ! Ca nous change de la Réunion.
Sinon, la connexion internet c’est pas vraiment ça, du 56K sur windows 98 me dit Loulou, alors les photos c’est pas pour tout de suite…

On vous embrasse tous fort,
Et attendez vous à ne recevoir des nouvelles que rarement, parce
qu’attendre 10 piges que ça marche, on le fera pas tous les jours !!!
Des bisous tout plein,

Milie et Loulou.

jeudi 1 mars 2007

Pourquoi remettre à aujourd'hui ce que tu peux faire demain !!

Oui... je sais...toujours en retard, même pour les informations !!!

Non pas qu'il n'y avait plus de courant. La dernière fois que l'on a été coupé toute la matinée pendant le cyclone, c'est parce que le disjoncteur avait simplement sauté et que l'on avait pas même pensé à cette éventualité !!!!!

Bref voici les dernières informations de nos vacan...euh...Aventures !!! Euh...non...vacances !!!

A lire de façon chronologique...ou pas !!

Luis

Tempête quand même !!

Mercredi 1 mars 2007.

Ca y est !!! Cette fois Gamede semble avoir définitivement pris le large vers le sud de l’océan après tous les caprices que nous avons subis ces deux derniers jours.
Alors qu’il avait quitté les côtes réunionaises, se dirigeant droit vers Madagascar, Monsieur Gamede a sûrement dû avoir quelques remords à détruire l’île Rouge.
En effet, il s’est brusquement arrêté, stationnnant à 0 km/h pendant quelques heures entre Mada et nous, se renforçant par la même occasion, avant de piquer plein sud dans la nuit de lundi à mardi, nous renvoyant sa puissance en pleine figure.
Après l’Est et le Nord, c’est au tour de l’Ouest et du Sud de faire face au cyclone.

Constatant l’ampleur des dégâts matériels et le coût de l’activité économique qu’ils induisaient, l’alerte orange a été déclarée lundi matin par le préfet. Alors que le temps était bien plus mauvais que lors de l’alerte rouge, les grands décideurs de l’île ont imposé aux habitants de reprendre le travail, à la grande colère de ces derniers. Beaucoup ont dû emprunter dans la matinée les routes de montagne, craignant des coulées de boue ou des ravines en crue. Certains se sont logiquement retrouvés bloqués sur le chemin du retour, ne pouvant rejoindre leur famille après qu’une nouvelle alerte rouge ait été déclarée en fin d’après-midi. Heureusement, certaines personnes ont montré toute leur solidarité en téléphonant aux radios pour proposer un hébergement à ces “SDF d’un soir”.
De plus, les centres d’hébergements de chaque ville ont accueilli, en plus des sans abris habituels, des dizaines de personnes qui avaient peur de rester chez elles, des habitants ayant une piscine à la place de leur maison ainsi que des passagers qui devaient prendre l’avion ces jours derniers.

Les écoles ont ouvert depuis aujourd’hui. Les professeurs des villes du Nord et du Sud, ne pouvant aller travailler à cause de la destruction d’une partie du pont de la rivière St Etienne, s’organisent pour intervertir géographiquement leurs postes, même constat dans d’autres secteurs, en attendant une ouverture éventuelle de la portion “intacte”. Certains commerçants et particuliers, ayant passés ces 4 jours d’isolement en famille, ont eu la désagréable surprise d’avoir été “visités” par des voleurs qui n’ont pas hésité à profiter de l’alerte rouge pour s’enrichir les poches. Même sanction avec la voiture de Fred qui venait de tomber en panne à moins de 100 mètres d’où nous logeons : à peine une heure plus tard, il a retrouvé deux grosses pierres, qui avaient traversé le pare brise arrière, à la place de sa tente.

Le deuxième passage de Gamede a donc fait une nouvelle fois de nombreux dégâts, un “héros” et deux morts : lorsque l’alerte rouge est déclarée, les habitants ont 3 heures maximum pour rentrer chez eux. Ensuite, plus personne n’a le droit de circuler sous peine d’une grosse amende et de se voir conduit de force dans un centre d’hébergement jusqu’à la levée de l’alerte.
Une femme de 40 ans, qui voulait rentrer chez elle pour se mettre à l’abri, a tenté de traverser un radier, innondé par 80 cms d’eau et un fort courant, n’écoutant pas les consignes de sécurité et les avertissements des personnes qui se trouvaient de l’autre côté du radier. Elle s’est fait immédiatement emportée avec sa voiture par la ravine en crue.
La veille, un homme avait également tenté de traverser à pied un autre radier inondé. Même conséquence malheureuse.

Et comme toute catastrophe a toujours son “héros”, les médias font une double page aujourd’hui sur un réunionais, d’origine chinoise, qui n’a pas hésité à se jeter à l’eau pour sauver quelqu’un qui s’était fait emporter par le courant d’une ravine.

Le beau temps est enfin revenu…avec les mouches, les moustiques et les abeilles dans la case.
Je suis un peu déçu de constater que la pluie et le vent n’étaient plus là pour célébrer mon anniversaire hier. Cela aurait été tout un symbole ! C’était plutôt une pluie de rhum qui s’est abattu sur moi hier soir. Pour quelqu’un qui ne boit pas, c’était également tout un symbole !!
La fête est donc au rendez-vous car nous célebrions mes 30 ans hier et les 10 ans de mariage de Fred et Marie aujourd’hui. 10 ans déjà pour ce couple génial avec qui nous nous entendons si bien. Que votre couple et votre famille continuent à vivre de belles aventures…

Nous allons enfin pouvoir préparer ces deux évènements comme prévu ce week-end dans le jardin avec une trentaine de personnes et une bonne dizaine de marmays (enfants en créole). Ainsi Milie et moi allons pouvoir nous remettre en jambes en jouant notre spectacle devant notre premier public réunionais, avant de partir pour Madagascar le 19 mars prochain.

Luis.

dimanche 25 février 2007

L'attaque des cyclones

Dimanche 25 février 2006.

Fini la dorade au soleil, la plongée, les randonnées sur le littoral ou en montagne, les barbecues…bref fini le farniente depuis deux jours. Bonjour les chaussures et les ponchos étanches, la séquestration à la maison, les moustiques, les mouches, la pluie, le vent, le vent, la pluie, la pluie…
Non pas que nous ayons quitté la Réunion. Bien au contraire, nous sommes confinés à la case depuis que l’île est sur la trajectoire de Gamede, le plus gros cyclone depuis ces trois dernières années apparemment, et que le préfet a annoncé l’alerte rouge pour tous les habitants.
Il vient du Nord Est, s’étend sur plus de 1500 kilomètres de long et son oeil est plus gros que l’île elle-même. Il est passé à moins de deux cents kilomètres cette nuit au Nord des côtes de la Réunion. A l’heure actuelle, il commence à s’éloigner vers le sud ouest et semble malheureusement se diriger droit vers Madagascar et, vu la puissance du phénomène, il pourrait tout dévaster sur son passage.

Déjà ici, le département français vient de prendre un sérieux coup de massue sur la tête :
Selon les informations, plus de 100 000 personnnes se retrouvent sans eau, électricité ou téléphone. Les champs de canne à sucre sont détruits (naaaannn ! ça veut dire plus de rhum !! ), les bananiers et les arbres fruitiers sont couchés (les avocats, les mangues, les fruits à pain et les Ti’Jacques n’ont même pas atteind le stade de la maturité qu’il y en a des tonnes par terre). Les ravines sont pleines (cela va les nettoyer des épaves de voitures et autres ordures non organiques…) et les radiers inondés, bloquant ainsi les routes. Le pont reliant le Nord et le Sud a été emporté partiellement, coupant malheureusement toute circulation routière, ce qui pose un énorme problème économique : les magasins sont vides, les gens au sud de l'île se ruent aux stations service car le ravitaillement en essence arrive du nord, les automobilistes doivent emprunter la route de la montagne pour aller travailler, augmentant ainsi leur trajet d’une centaine de kilomètres, un détour de deux heures minimum (on ne peut même plus aller se confronter aux fameuses vagues d’Etang Salé), les lagons sont ravagés par la boue, tuant ainsi la faune et la flore aquatique, attirant par là les requins à l’affût de cadavres de poissons…
Mais jusque là aucune perte humaine n’est à déplorer.

Et nous là dedans ? Et bien nous devions être idéalement situés car nous n’avons connu aucun problème : nous avons toujours l’électricité, le téléphone, Internet. Seule l’eau a été coupée au matin.
Nous avons attendu Gamede toute la nuit ici autour d’un tarot-rhum bien arrangé mais en vain. Nous avons même dû brancher le ventilateur tellement il faisait chaud !!!
Comme tout le monde lors d’un évènement aussi rare et aussi intense, la peur de la destruction et de la mort ainsi que la fascination que peut procurer cette peur se confrontent à chaque instant. La curiosité est parfois un vilain défaut.

Voilà pour l’instant les nouvelles de Gamede. Il semble s’éloigner mais Humba, un autre cyclone situé à plus de 1000 kilomètres à l’est de la Réunion pourrait également nous menacer dans les jours à venir. En moins de deux semaines, c’est le troisième système cyclonique qui se créé dans cette partie de l’océan indien et dont deux sont toujours en activité. Fait extrêmement rarissime.

Y aurait-il un lien avec ma venue sur l’île ? Quel égocentrisme me direz-vous !!
Mais ceux qui ont eu l’habitude de voyager avec moi (!!!) savent, à leur dépend, pourquoi on m’a surnommé “Rain man”, l’homme de la pluie !!! Et non pas à cause du film !!!

Luis

vendredi 23 février 2007

On prend le rythme !



Coucou les gens,
La vie continue son cours tranquille sous les tropiques... Avertis, nous savons maintenant qu'il faut toujours remettre au lendemain, ce que tu pourrais faire aujourd'hui... Question de principe ! C'est sans doute pour cela que nous avons mis plus de 15 jours à goûter les fameuses mangues josé, alors que de petits vendeurs bordent toutes les routes !
Malgré tout, nous poursuivons doucement notre découverte de l'île. Du côté de l'océan indien, nous explorons les lagons, armés de nos masques et tubas (paye tes explorateurs !) , et découvrons poissons-coffres, poissons-trompettes, murènes, poisson-ballon, et tous ceux dont on ne connait pas les noms... C'est le festival des couleurs flashies !
Du côté terrestre, on a commencé à randonner un brin (nos mollets souffrent le martyr !), une première rando le long de la mer dans le sud sauvage, bonheur de lumières et de végétations à moindre effort (avec passage sur une coulée de lave bien vieille et bien refroidie), une deuxième beaucoup plus sportive (genre Morretes au Brésil, clin d'oeil aux filles du Paraguay), pour descendre jusqu'au "grand bassin"... Une cascade d'eau douce, encaissée au fond d'un profond vallon.
Sinon le quotidien reste doux et serein, Fred et Marie adorables, et leurs marmailles qui commencent à bien nous faire craquer et à nous donner des envies... Et leurs zamis qui ressemblent étrangement aux notres. On prépare une bonne grosse tawa la semaine prochaine pour fêter leurs 10 ans de mariage et les 30 ans du Loulou, on va jouer un petit coup le spectacle pour l'occasion, histoire de se remettre dedans avant de se frotter au public malgache.
Heureusement les aléas réunionnais viennent pimenter ce paradis : un nouveau cyclone se crée tous les 4 jours dans l'océan indien (à chaque fois, on fait des réserves de bouffe au cas où, mais jusque là rien senti, même pas mal !) , les plombs de la case qui sautent dès que nous lançons une machine, parce que l'instal est pourrie, et l'eau du robinet qui parfois ne coule plus lorsque celle des nuages a trop coulé auparavant.
Et puis le départ approche, bientôt fini les vacances, à priori on prend le bateau pour Mada le 5 mars, à confirmer... La suite au prochain épisode !
Voili, voilou pour nous, on attend que vous nous contiez vos vies à vous, parce qu'on vous aime, parce que sans vous on aura jamais envie de revenir dans un an !

Muitos beijinhos a todos,

Milie