mardi 3 juillet 2007

Les Comores, ahhhh, les Comores !

Salam Aleikum à tous,

Partis à reculons pour cet archipel méconnu, pour des raisons purement administratives de renouvellement de visa (et oui il nous fallait quitter le territoire malgache, et lorsqu’on est sur une île, ça fait tout de suite des bornes !), nous revenons après 2 semaines, séduits, comblés, avec l’envie au ventre d’y retourner pour explorer, ce que nous n’avons pu que survoler.

Tout a commencé à l’aéroport de Mahajanga, lorsque après plusieurs longues journées de taxi-brousse, nous nous faisions une joie de prendre l’avion, le moyen de transport sûr, efficace, moderne et ponctuel ! Première étape : l’enregistrement des bagages ! Comme nous ne sommes que des novices en matière de voyage, évidemment ni Luis, ni moi, n’avions réalisé que les 20 kilos autorisés par passager par Air Madagscar, étaient nettement en dessous de ce qu’autorisent les autres compagnies aériennes… Comme nous ne sommes que des clowns rêveurs, évidemment ni Luis ni moi, n’avions pensé à retirer de nos énormes sacs à dos, les livres que nous avons déjà tous les 2 lus, le duvet et nos pulls en laine (il fait 30° aux Comores !), nos chaussures de rando, l’ordinateur portable, etc… que nous aurions pu laisser en toute confiance à l’alliance française de Mahajanga où nous retournerions à l’issue des 15 jours… Comme nous ne sommes que des abrutis, donc, nous avons payé 56000 ariary (soit une vingtaine d’euros) de surcharge, putain, ça commençait bien les Comores !

Après nous être un peu échauffés avec quelques employés, nous avons eu tout le loisir de ruminer notre bêtise dans le hall d’attente car notre vol n’a eu rien d’autre que 2 heures de retard ! Il faut que j’oublie ma ponctualité légendaire (ceux qui nous connaissent bien savent que ce n’est pas Luis qui est en train d’écrire !), et que je comprenne une bonne fois pour toute qu’il faut toujours venir au moins 1 heure après le rendez-vous prévu, même lorsqu’il s’agit d’avions. Nous sommes dans l’hémisphère sud quand même ! le vol, lui, superbe, nous a fait survoler l’île de Mohéli et ses îlots bordés de lagons turquoises, la magie commençait à opérer.

L’archipel des Comores est composé de 4 îles : la Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte (la seule qui soit restée française, ayant du coup un fonctionnement bien à part).

Pour ceux qui ne connaissent pas les Comores (99,99% de nos lecteurs, dont nous !), la situation politique et sociale est très tendue ici.

17 coups d’état en 30 ans, la plupart menés par le mercenaire Bob Dénard pour le compte de l’état français, qui tantôt plaçait au pouvoir un tel, puis le liquidait ou le destituait un an ou deux plus tard. Une indépendance déclarée le 6 juillet 1975, qui a entraînée la fuite des colons français (ainsi que leurs capitaux) provoquant ainsi la chute économique du pays et l’émigration massive de la majeure partie de la population. Seul Mayotte avait senti le coup venir et décida à ce moment-là de rester attachée à la France. Et n’allez surtout pas dire à un mahorais qu’il est comorien, il serait capable de vous frapper, sinon plus. Ce T.O.M, désireux de devenir un D.O.M, est aujourd’hui l’île la plus riche, économiquement parlant (notamment grâce aux immigrés comoriens qui sont une source de main d’œuvre très rentable) et la plus développée de l’archipel des « îles de la lune ». Aucune couverture sociale pour les résidents français mais TOUS les services de santé sont entièrement gratuits !

Revers de la médaille : tournée vers le tourisme, bien plus que ses consoeurs, grâce notamment à ses lagons de rêve, l’île est de plus en plus défigurée par les hôtels, bateaux et autres produits de luxe, menaçant un peu plus chaque jour la riche faune et flore aquatique et terrestre qui l’habite depuis des siècles.

La diaspora comorienne est très importante en France : Alors que les trois îles comporte plus de 600 000 personnes, près de 200 000 comoriens vivent chez nous et représente 30% du PIB national de l’ensemble de l’archipel !

Tous les mois ces expatriés envoient de l’argent à leur famille vivant aux Comores pour les aider à survivre ou à construire la future maison dans laquelle ils habiteront à leur retour définitif dans leur pays natal ou d’origine. Seulement cette aide de la diaspora comporte plusieurs problèmes sociaux et effets pervers. D’une, elle pousse beaucoup d’hommes à ne pas travailler. Je n’ai pas dit chercher du travail, car il n’y en a presque pas. Même si beaucoup ont une parcelle de terrain où ils passent la plupart du temps à cultiver avant ou après leur travail, trop nombreux sont ceux qui voient en cette somme tombée du ciel un moyen pour ne rien faire d’autre que de discuter sur les fameux bancs publics, qui sont ici une véritable institution et un bon argument pour gagner des élections !! Alors va pour les anciens qui n’ont pas de retraite, déjà que les fonctionnaires ne sont pas payés depuis plusieurs mois, sinon années…

Mais que les plus jeunes n’apportent pas leur contribution pour faire en sorte que leur pays sorte de la misère dans laquelle elle se trouve (sous prétexte que des membres de leur famille leur apportent chaque mois de quoi les loger, les nourrir, s’habiller avec des vêtements de marque, avoir une voiture ou payer leur grand mariage) ne fera que conforter leur apathie ainsi que l’immobilisme socio-économique et culturel des Comores. Et pour tous les diplômés, ou tous ceux qui ont un minimum d’éducation ou de compétence dans un domaine particulier, leur seul désir est de quitter leur pays, où il n’y a aucun avenir, pour partir vers la France tellement les « Je viens » (les expatriés comoriens qui reviennent au pays tous les étés) entretiennent le mythe du « rêve français » en venant littéralement claquer les économies qu’ils ont faites dans leur 9m2 durant toute l’année.

On peut apercevoir les effets de la diaspora sur un village, ou une ville, en voyant les milliers de maisons encore au stade de construction depuis plusieurs années, soit parce que l’argent envoyé de France, pour acheter tout le matériel nécessaire aux travaux, a été utilisé par la famille pour autre chose, au grand damne des « je viens », soit parce que ces derniers prennent en charge la construction durant les étés, blazés de voir que personne n’a presque pas levé le petit doigt pour avancer les travaux alors que tous habitent dedans.

Cette idée de communautarisme est belle dans l’idée mais complètement faussée dans les faits. Les comoriens, vivant en France, sont OBLIGES de participer financièrement tous les mois à cette « aide » afin de financer non seulement leur famille mais aussi le village pour qu’il se dote d’une énième mosquée, alors que les écoles et les hôpitaux manquent cruellement de matériel qu’il y a de nombreuses coupures d’eau et d’électricité (gare aux produits importés congelés, au paludisme et aux épidémies de choléra). Et malheur à celui qui ne payera pas, parce qu’il est déjà endetté jusqu’au cou dans son petit studio à Marseille ou parce qu’il ne veut pas se soumettre à ce « chantage ». Le nom de sa famille sera affiché sur les murs du village et sera montré du doigt par tous les villageois. Et si par malheur, quelqu’un venait à décéder, le défunt n’aurait pas le droit à un grand enterrement, qui est le symbole et le but de toute une vie pour un comorien.

Autre grand but dans leur vie est celui de devenir un jour grand notable, synonyme d’une élévation et d’une reconnaissance sociale. On occupe alors une place plus importante dans les décisions prises au village et une des meilleures place à la mosquée. Pour réaliser ce projet, il faut d’abord faire son grand mariage. Et plus on atteint des sommets dans la démesure, plus on sera reconnu par le village, la ville, la région, le pays. Certains vont jusqu’à dépenser 100 000 euros (si si) en invitant le maximum de personnes et en leur en mettant autant plein les yeux que dans la panse. Ainsi, les chefs de village, maires ou présidents sont choisis, non pour la sagesse qu’ils devraient incarner pour mener à bien leur mission, mais parmi les hommes les plus riches ou les plus malins, qui voient dans ce grand mariage un investissement à long terme qui leur ouvrira les portes du pouvoir.

Mais que fait l’état ? Rien, si ce n’est de s’enrichir sur le dos de son peuple. Scénario universellement bien connu malheureusement.

La structure politique est plus que complexe à Grande Comore, Mohéli et Anjouan, chacune ayant son propre président. Ce qui fait 3 chefs de gouvernement qui doivent s’entendre malgré leurs possibles divergences politiques, auxquels s’ajoute le président de l’Union des Comores ! Et chaque île a son Parlement propre qui doit logiquement suivre le grand Parlement de l’Union !

Des présidents corrompus, des gouvernements corrompus et volontairement apathiques qui laissent leur pays à la dérive en menant une politique d’ingérence grâce aux innombrables ONG et, surtout, institutions de l’UE, présentes sur les trois îles. Les gouvernements locaux se frottent les mains en faisant ainsi l’économie de milliards de dollars tout en essayant de « récupérer » chaque projet apporté de l’étranger tandis que l’UE continue à jouer un rôle hypocrite et pervers dans sa politique, non pas d’aide, mais d’assistanat. Car sans compter les milliers d’emplois et les millions et les millions d’euros (souvent jetés par les fenêtres tellement certains projets sont ridicules) que les institutions injectent dans l’économie comorienne, c’est avant tout un rôle de stratégie politique et diplomatique qu’elle joue dans la région. Cela fait toujours bien aux yeux du monde entier de paraître être le sauveur des pays en voie de développement. Mais c’est une politique de néocolonialisme et de contrôle de la région de l’Océan indien qu’elle occupe en premier lieu. Les ONG et institutions de l’UE, garantes d’une belle idée qui s’appelle l’humanitaire ne sont rien d’autre que « les instruments de la diplomatie occidentale » pour reprendre les termes de François, mon « alcoolyte » de Mohéli, qui travaille justement en tant que volontaire, dans l’une de ces institutions oeuvrant pour belle idée qu’est le co-développement. Si vraiment l’UE voulait favoriser le développement ici, elle quitterait immédiatement le pays afin que les habitants soient, pour un temps, livrés à eux-mêmes et instigateurs de projets concrets et pertinents pour redresser la situation de l’île. Et seulement à ce moment-là, les financements arriveraient pour mettre en place ces projets.

Et puis il y a les nationalistes qui veulent à tout prix récupérer Mayotte. Et puis les séparatistes qui veulent l’indépendance de leur minuscule île. Ajoutons à cela que l’île d’Anjouan est désormais contrôlée par le général Mohamed Bacar depuis 5 ans et qu’il a décidé de rester au pouvoir malgré le résultat des élections présidentielles qui se déroulaient au moment même où nous y étions.

Le dictateur d’Anjouan s’est autoproclamé à nouveau président dès le premier tour à 85 %, après des élections truquées cela va sans dire. Alors que les observateurs de la communauté internationale (dans observateurs voyez y militaires), étaient présents sur tous les bureaux de vote de Grande Comore et de Mohéli afin d’éviter toute fraude électorale (fallait voir certains militaires sud africains, soudanais ou mauriciens passant leur temps à draguer les comoriennes pendant que, dans leur dos, des partisans de tel ou tel parti donnait de l’argent aux inscrits afin qu’ils votent en faveur de leur candidat), il apparut anormal et scandaleux que sur Anjouan, où tous ces problèmes de fraude étaient certains, il n’y eu pas d’ « observateurs » internationaux compétents. Bacar, par son système de milice, a tout scellé de l’intérieur. Et le voilà qui, avant même le deuxième tour des présidentielles des deux autres îles et sous la pression internationale, proclame au nez et à la barbe de tout le monde son nouveau gouvernement, au grand damne du président de l’union et de son rival politique, Mohamed Sambi. Il y eut bien des menaces d’intervention militaire pour déloger Bacar de la part de la communauté internationale, du conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union Africaine mais, aux dernières nouvelles, Mme Zuma, représentante de l’UA, dépêchée à Anjouan pour intimider Bacar, est revenue de l’île en déclarant officiellement qu’il devait y avoir négociation. Diplomatiquement parlant, tous ces grands décideurs, « faiseurs de paix et garants de la démocratie » n’ont rien fait d’autre que d’apporter leur soutien à un dictateur. Ca devrait donner des idées à d’autres présidents des pays voisins. L’intervention militaire est mise aux oubliettes… pour l’instant.

Le deuxième tour à Grande Comore a vu la victoire du premier président albinos de l’histoire des Comores Mohamed Abdouloihabi, et à Mohéli d’un riche entrepreneur Mohamed Ali Saïd, à qui nous avons eu l’honneur de serrer la main dans sa demeure au lendemain même des résultats. Tout le monde espère un sursaut de la part de ses nouveaux leaders ayant la même couleur politique que Sambi, le président de l’union des îles. Reste à voir pour les Parlements… Moins de blocage politique serait sans doute plus bénéfique (encore faut il que les présidents soient droits et honnêtes !) que les cinq années précédentes où l’on pouvait comparé leur système à ce que nous appelons la « cohabitation ». Mais le plus grand problème est que le peuple attend beaucoup trop, et avec beaucoup trop de passivité et un soupçon de fatalisme, du gouvernement et de l’UE. Beaucoup se déresponsabilisent totalement en accusant toujours ceux qui sont au dessus d’eux. Réflexe logique et universel.

Donc ça c’était pour le climat politique et social, et encore je ne m’étends pas sur des tas d’autres sujets !

Vous êtes sûrement en train de vous dire qu’il faudrait être fou pour être là-bas en ce moment. Le site du ministère des affaires étrangères déconseille vivement les ressortissants français à y mettre les pieds. Quelle bande de crétins.

Après un portrait qui semble bien sombre, nous pouvons vous assurer qu’il n’y a pas plus gentil, plus pacifiste, plus accueillant, plus honnête, plus généreux, plus souriant, plus désintéressé, plus drôle qu’un comorien. Enfin si, il y a des tas d’autres peuples qui le sont aussi fort heureusement ! Ils m’ont souvent fait penser aux Irakiens par leur joie de vivre et leur simplicité. Ce sont des musulmans calmes, tolérants, très ouverts d’esprit et dont leur société est unique dans l’Islam. Leur système ressemble à celui qui existe aussi dans certains pays d’Afrique, un système matrilinéaire, c’est-à-dire que tous les biens du couple reviennent à la femme : maison, mobilier, voiture, bijoux, argent… Il n’en reste pas moins que c’est elle qui se tue le plus au travail tandis que Monsieur discute tranquillement de politique, de religion et de blablabla sous les bancs installés à l’ombre d’un oranger ou d’un manguier. Et plus on monte l’échelle sociale, plus cette réalité est avérée.

Ce système est tout de même une forme de protection pour la femme : au cas où le mari se soit mal comporté, elle peut le chasser de chez elle. C’est également le mari qui vient dans la famille de la femme après le mariage. Généralement, les parents tentent de vivre dans leur propre maison jusqu’à ce qu’ils aient des petits-enfants. Cela permet alors à la femme de trouver du travail ou de garder son emploi tandis que les « Bacos » s’occupent de ses enfants. La famille est la deuxième institution du pays, après la religion bien sûr.

Nous avons passé la première semaine sur la Grande Comore, où nous avons été accueillis par Jérôme, le directeur de l’Alliance française. Contrairement à nos habitudes, qui sont plutôt, par la force des choses, de travailler beaucoup pour peu de retours, Jérôme nous a logés et nourris pendant cette semaine, en échange d’une seule représentation à l’Alliance française ! Notre travail serait-il enfin reconnu ! En tous les cas, c’était un accueil formidable et puis ça met du beurre dans les épinards !!! Nous avons quand même culpabilisés de tant de luxe pour si peu de sueur, et avons immédiatement acceptés la proposition de Marie-Ange et de Lise, lorsque attirées par les couleurs flamboyantes du parachute, elles sont venues à notre rencontre sur la plage d’Itsandra (centre ville de Moroni). Le PASEC, pour lequel elles travaillent, organisait, cette semaine justement, une tournée d’interventions et de sensibilisation dans les différents villages de l’île, en partenariat avec le Croissant Rouge et l’UNICEF. Nous pourrions nous joindre à eux, afin de jouer pour tous ces enfants qui n’habitent pas la capitale et qui n’ont que rarement, voir jamais, l’occasion de voir un spectacle, qui plus est de clowns.

Notre première représentation, à l’Alliance franco-comorienne de Moroni, fut la plus animée. Les enfants de l’école française, public d’initiés (enfants de milieu favorisé ayant déjà eu l’occasion de voir du spectacle vivant) et d’avertis (nous les avions rencontrés la veille à l’école), ont réagi avec une grande ferveur, participant vivement, huant Luis et le traitant même au passage de « cannibale », va savoir… Toujours est-il que ça nous a changé de nos sages petits malgaches ! Du répondant ces petits là ! Un bon thermomètre pour mesurer la part de parole laissée à l’enfant selon les cultures. C’est à cette occasion, que nous avons rencontré Abdallah, percussionniste et ancien guitariste de Maalech (sûrement le musicien le plus connu hors de ses frontières). Il avait été contacté par l’alliance pour nous accompagner (lors du passage de la boîte à musique, pour les initiés) et avec qui le feeling est passé tellement instantanément qu’il a décidé de nous suivre gratuitement sur la tournée ! Merci Abdallah, une grande pensée pour toi et ton sourire généreux !

Nous avons ensuite enchaîné avec la tournée humanitaire. Les organisatrices du PASEC, Asma et Lise, avaient mis au point tout un tas d’activités ludiques afin de sensibiliser l’enfant à la propreté dans son école. Mais elles se désolaient de voir que chaque demi-journée dans un village se déroulait selon le même scénario : Après une heure de retard sur le programme commençaient alors les longs discours des différents notables du village (les hommes influents depuis leur grand mariage), félicitations et congratulations des villageois et des représentants des ONG, puis enfin, le rafraîchissement dînatoire attendu de tous, aux yeux et à la barbe des enfants qui ne feront aucune des activités prévues ! Asma et Lise se dépitaient de jour en jour, se promettant de prendre les devants de l’organisation à l’avenir. Pour nous ce fut plutôt très sympa, nous avons dans chaque village pu caser notre spectacle, même si à une reprise il fut interrompu par l’annonce au micro de l’heure de la prière, alors qu’Abdallah leur répétait que le spectacle allait finir dans 3min, et voilà donc tous nos chers notables en route vers le lieu de recueillement, passant au bord de notre scène et discutant joyeusement dans la plus parfaite ignorance ! Vexant merde ! Puis, une fois la prière finie, certains osaient venir nous féliciter. Bizarrement, ils s’étaient retrouvés face à deux murs qui ne voulaient pas leur répondre.

À chaque représentation, ses petits problèmes techniques qui entraînaient par conséquent des situations inédites et enrichissantes. Jouer sans musique, à cause d’un poste CD capricieux, s’est avéré très déstabilisant, surtout lorsque la compréhension du spectacle mimé repose entièrement sur elle. Ou bien, finir le spectacle dans une salle sombre et sans lumière, alors que le soleil s’est couché depuis 15 mns, nous a montré que l’on savait jouer, même dans les situations les plus inextricables.

Sinon, cette semaine sur la Grande Comore, ce fut aussi des baignades au bord de très belles plages de sable fin avec les cocotiers, des mabawas (cuisses de poulet rôti), un pique-nique au magnifique trou du prophète (n’y voyez rien d’obscène, il s’agit d’un rocher évidemment !), de nombreuses invitations chez les différents expatriés de l’île, citons en vrac, Alban et tite mère Séverine et leurs lessives salvatrices, Florence la prof de sport circassien, le fondant au chocolat de Claude et le sourire généreux de sa douce Carole, Yacinthe un tit clown elle aussi, Jean-Luc le plongeur-chasseur de requin et sa belle malgache Colette, l’anthropologue Marie et ses jugements souvent bien fondés, la très dynamique Françoise (qu’on retrouvera peut-être à la Réunion, inch allah !) et tous les mômes, et tous les autres…

Ce fut aussi l’occasion de rencontrer Nicolas et Colette du Croissant Rouge. Les deux responsables ont été séduits par notre projet et notre aventure. Ils ont également vu en nous un moyen de faire passer les messages qu’ils veulent transmettre à la population. La plupart des locaux savent pertinemment qu’il faut se laver les mains afin d’éviter toute maladie, ou bien dormir sous moustiquaire pour ne pas attraper le paludisme. Mais ils ne le font pas, soit par fainéantise, soit parce qu’ils se croient immunisés de tout, soit parce qu’ils ont l’impression d’étouffer la nuit s’ils protègent leur lit, soit surtout parce qu’ils croient au Destin. Et cette notion de fatalité déresponsabilise chacun de leurs actes. Pas de notion d’effet de cause à conséquence.

Ce n’est pas encore officiel, mais ils nous ont proposé de revenir aux Comores afin de participer à la création d’un spectacle clown pour des comédiens locaux sur chacune de trois îles. Ainsi à notre départ, les messages de la Croix-Rouge continueront à s’émanciper un peu partout…inch’allah.

La suite demain. J'entends déjà les vannes pleuvoir. Mais on a pas encore fini d'écrire le reste.

Les clowns

samedi 30 juin 2007

En attendant les Comores.

Manaone à tous,

Bientôt deux semaines sans nouvelles de nous, ca a dû en inquieter plus d'un vu le nombre de messages laissés sur nos boites mail et sur le blog (5 en tout!!).
C'était tellement dense et intense qu'on va prendre le temps d'écrire sur notre fabuleux séjour dans ces îles de rêve et vous faire part de tout cela dans les prochains jours.
On est de retour à Madagascar depuis hier. Nous allons passer deux semaines à mahajanga pour des stages de jonglage, théâtre, danse, acrobaties et pour faire les clowns aussi.
En attendant, voici quelques photos de nos super bouilles !

A bientôt.

samedi 16 juin 2007

Circus road trip et Road trip Circus .

Nos adieux à Antalaha ont été bien pénibles.
Premièrement, parce qu’il est plus que difficile de quitter des personnes, avec qui l’on créé des liens très forts aussi rapidement, en se disant que l’on ne reverra pas cette petite clique d’expatriés franco-belge avant un bon bout de temps, sinon jamais…
Une fois de plus, un immense merci à nos hôtes belges qui ont été plus que fabuleux avec nous. Notre passage chez vous restera un immense souvenir pour nous. Au fait, avez-vous eu des retours de la part des employés de l’entreprise, et de leurs enfants bien sûr, pour qui nous avons spécialement fait les clowns ?
Et un tout aussi immense remerciement à Mathieu, le directeur de l’alliance française qui nous a fait tourner, pour notre plus grand plaisir, dans les écoles françaises et malgaches, dans un petit village qui s’occupe des lépreux, à faire « jardin comble », pour la première fois, à l’alliance grâce au spectacle et au parachute devant près de 200 enfants. Notre parachute avait fait, en une semaine, le tour des oreilles des enfants de la ville. Ils étaient tellement nombreux et excités de pouvoir enfin y jouer qu’ils avaient fini par déchirer certaines de ses coutures ! Heureusement, nous avons réparé cela dès le lendemain.

Deuxièmement, nous n’avions pas envie de prendre la route pour Mahajanga parce que l’on savait ce qui nous attendait : 36 heures, record personnel battu ! 36 heures pour 150 Kms !!
Il faut dire qu’on avait mis toutes les chances de notre côté. Non pas que la route eût été mauvaise ou qu’il ait plu. Fort heureusement, que nenni….
Il aura fallu seulement un propriétaire peu scrupuleux sur la maintenance de son véhicule et qui n’y connaît pas grand-chose en mécanique et son copilote mécanicien qui s’y connaît encore moins que son patron chauffeur ! Un 4X4 qui casse sa gente au bout d’une demi-heure de route, sectionnant par là les vis qui la maintiennent !! Cela nous promettait quelques bonnes aventures. Et l’on fut servi !
Tentant d’imiter Mac Gyver (paix à son âme ! Tu vas nous manquer !!), les deux chauffeurs, dont le propriétaire donc, ont réussi à nous immobiliser au moins 18 heures sur les 4 pannes consécutives. Elles étaient dues à cette maudite roue arrière droite qui, plus on la réparait (rafistolait serait plus judicieux) moins elle avait de vis et de boulons à son actif ! Jusqu’à rouler avec seulement trois d’entre elles !!!! Heureusement que, d’une part nous ne pouvions rouler vite, étant donné l’état désastreux de la route et que, d’autre part, Milie ait vu à temps cette roue en train de danser le Kilalak et s’apprêtant à nous dire au revoir pour finir sur le bas-côté de la route ! Cette fois là, il ne restait plus qu’une seule vis tenant le coup tant bien que mal. Et à chaque réparation, on pouvait être sûr que l’on pouvait attendre trois heures pour démonter, réparer et remonter cette roue indémontable (les vis tournant dans le vide, il fallait d’abord retirer les roulements, ce qui leur prenait un certain temps malgache !!)
Le propriétaire, dont le visage se décomposait au fur et à mesure des pannes et de la pénurie de vis qui n’allait pas tarder à arriver, restait complètement impuissant face à la situation. Tellement incompétent qu’il ne se bougeait même plus pour réparer son véhicule avec son collègue. Il laissait cette sale tâche aux passagers qui, volontairement et sans jamais broncher, ont prêté main-forte au mécanicien. Parfois même, ce dernier les laissait faire. Le monde à l’envers !!
Les derniers 30 Kms furent un vrai calvaire. Roulant à moins de 7km/h, les deux dernières vis, qu’il restait en tout et pour tout, nous ont amené par miracle le soir jusqu’à un petit village assez animé, à 20 Kms de notre but, où nous avons pu nous restaurer et passer la nuit dans le véhicule. Son propriétaire n’avait pas réussi à trouver de vis pour repartir ; quel incapable celui-là.
Enfin une vraie nuit sans secousse, sans réparation, juste les bruits paisibles de la nuit… en dehors de ses saloperies de moustiques !!
Le lendemain, des vis et des boulons avaient été enfin trouvés. Mais nous sentions bien le traquenar se reproduire encore toute la journée. Nous avons finalement décidé de quitter la galère, car le temps nous était compté, pour prendre un autre taxi-brousse qui passait par là. Par chance nous sommes tombés sur LE Speedy Gonzalez des pistes. À l’arrière de sa 504 bâchée, nous avons à peine mis une heure, à zigzaguer entre les trous d’obus et les dos d’éléphants, pour arriver à bon port.
Arrivés de bonne heure à Ambilobe, nous avions de bonnes chances d’enchaîner sur un autre taxi-brousse direction Mahajanga. Que nenni !!
Le premier pour notre destination ne partait qu’à 17 heures ! Nous aurions finalement pu rester avec nos « galériens » pour connaître le fin mot de l’histoire, mais nous apprenions un peu plus tard dans la journée que notre incompétent chauffeur avait appelé sa mère, habitant à Ambilobe, à la rescousse afin qu’elle vienne le chercher. Ainsi il pouvait acheter la pièce mécanique en ville pour retourner à son 4X4, où les passagers avaient dû l’attendre au moins 5 heures, pour réparer la roue et retourner à Ambilobe. Chose qu’il aurait pu faire la veille s’il avait été plus perspicace et moins avare. Bref, passons…

Pensant être sorti de la poisse qui nous suivait, nous espérions fortement partir à l’heure prévue et arriver tôt le lendemain matin à Mahajanga. Que nenni !! Ah Mada !
« Petit changement de programme, désolé ! » C’est une phrase que nous avons malheureusement l’habitude d’entendre de plus en plus souvent.

Et nous voilà parti avec plus de 2 heures de retard dans un taxi-brousse de rechange qui ressemble plus à une discothèque qu’un moyen de transport conduit par deux « chanteurs et DJ » plutôt que deux chauffeurs.
Et boum, panne au bout d’une demi-heure. Comme par hasard, les chauffeurs démontent la roue arrière droite !! À la fois inquiets et hilares, nous nous disons que le même scénario allait se reproduire une fois de plus. Les disques de freins sont collés, rien de très grave apparemment. Ouf !
Et la route fut sans encombre et sembla vraiment courte grâce à nos deux G.O qui animèrent le trajet, pendant près de 18 heures, grâce à leur karaoké ambulant !!

Arrivés à bon port à Mahajanga, nous pensons enfin pouvoir nous reposer. Tout devait se dérouler comme sur des roulettes à partir de maintenant. Que nenni !!
Nous passons voir la compagnie maritime qui doit nous emmener aux Comores dans trois jours et là nous apprenons que, finalement, le bateau est toujours en réparation suite au passage du cyclone Indlala en mars dernier. Il ne devrait reprendre la mer que d’ici 10, 12, 15 jours ou plus, selon les différents employés et responsables.

Or, nous sommes censés travailler et jouer dans des écoles comoriennes justement avant les vacances. Sinon tous les projets là-bas tombent à l’eau. De plus, le directeur de l’alliance française de Moroni, emballé par ce que nous faisons, a déjà prévu notre arrivée pour ce week-end et planifié toute une tournée dans la capitale. Puis, il veut nous envoyer en avion vers la majestueuse Mohéli, la plus belle des trois îles des Comores et que tout le monde nous envie dès que nous en parlons, où nous devons passer une semaine à travailler avec l’alliance française « du bout du monde » basée là-bas. Et en plus de tout cela, nous serons logés et défrayés durant tout notre séjour. Nous serions complètement insensés de refuser de telles propositions qui semblent tomber du ciel !
Et puis de toute façon, nous devons y aller, quoi qu’il arrive. Alors, tant qu’à faire, si l’on peut éviter le statut de touriste que nous détestons tant…

Un autre problème se pose également : l’alliance française de Mahajanga est également prête à nous accueillir pendant deux semaines, en échange de nos prestations. Seulement, à l’inverse de son collègue aux Comores, le directeur d’ici ne nous prendrait qu’à partir de juillet, l’alliance se transformant en centre aéré pendant les vacances scolaires.
Nous voilà donc bloqués ici pendant deux semaines, sans rien pouvoir faire, autre que du tourisme, pour partir ensuite aux Comores pour continuer à faire nos vazahas à deux euros.
Une seule solution : l’avion.
Elle arrange ainsi tout le monde, sauf nous financièrement. Mais bon…
Heureusement, Jérôme, le directeur de l’alliance à Moroni a décidé de prendre en charge la moitié de la valeur du billet, après remboursement intégral des billets de bateau, soit plus d’une centaine d’euros quand même. Il est vraiment impressionnant ce Jérôme !!

Nous voilà ainsi partis pour deux semaines de travail aux Comores, qui s’annonce être également un voyage de rêve dans des îles paradisiaques. Puis retour à Mahajanga, pour une autre quinzaine qui semble, certes, moins fabuleuse en matière d’aventure et de dépaysement, mais tout aussi intéressante du point de vue contact humain.

Encore faut-il qu’il n’y ait pas de problèmes d’avion. Mais ça… avec Madagascar, tout est permis !!



Et effectivement ce fut le cas !! Rien de très méchant rassurez-vous. Mais cela sera pour la prochaine fois ! Un peu de patience…

Luis et Milie








jeudi 7 juin 2007

Photos qui datent


Après de nombreux problèmes pour envoyer ce montage, le voici enfin !!
Cela date de notre ancien petit village.

mardi 5 juin 2007

GALERE, LUXE ET BELLES RENCONTRES.


Bientôt 10 jours que nous sommes arrivés à Antalaha et tellement de choses à dire, d’histoires à raconter, par quoi commencer ? Par le début tiens !

De nouveau, 27 heures entassés comme du bétail avec 16 autres personnes à l’arrière d’un pick-up bâché, à se battre afin de trouver un espace pour mettre ses pieds et allonger ses jambes, à faire connaissance avec l’une des « routes » les plus réputées du pays : 18 heures pour faire seulement 150 Kms de piste (et en 4X4 s’il vous plait !!!), à désembourber la voiture à maintes reprises, à voir les camions également coincés pour de longues heures par la boue, à se prendre constamment l’enceinte de l’autoradio sur le front, le vent, la pluie et la poussière sur tout le trajet (fait insignifiant mais qui aura son importance plus tard), mais aussi à passer par des paysages splendides allant des plaines arides des terres intérieures aux montagnes luxuriantes de végétation tropicale, pour finalement arriver sur l’une des plus belles côtes de Madagascar, la côte de la vanille, à l’Est du pays. Et enfin… enfin…, quitter non pas les nids de poules, mais plutôt les nids de cigognes, d’éléphants ou de T-rex, pour se retrouver sur une superbe et surprenante route bitumée et signalisée sur nos quatre dernières heures de voyage. Vive le commerce de la vanille !!! Le plus important commerce de la région, cet « or noir », l’un des meilleurs au monde, faisant vivre des centaines de milliers de personnes, grâce aux milliers de tonnes exportées chaque année, et qui, grâce à cette route bitumée et sans trous (construite il y a peu de temps pour faciliter son transport), longeant toute la côte, de Vohemar à Antalaha (les deux principaux ports du coin), nous permet aujourd’hui d’avoir un peu de répit sur les derniers kilomètres de notre parcours !

Point d’autre explication pour imaginer dans quel état nous sommes arrivés à Antalaha !!! Après avoir passés ces terribles 27 heures, sans pouvoir fermer l’œil ne serait-ce qu’une seule minute, plus de 12 heures de sommeil étaient nécessaires, sinon vitales, pour enfin pouvoir se reconnecter au monde qui nous entourait.

Nous rejoignons alors la troupe de cirque de Tana, l’aléas des possibles, avec qui nous devons faire quelques spectacles dans la région. Mais nous avons vite déchanté en voyant l’accueil ni vraiment glacial, ni vraiment chaleureux, mais plutôt indifférant que nous a réservé la directrice de cette association. La surprise était d’autant plus grande que deux mois auparavant, lors de notre première rencontre, le contact avait été très bon. Alors pourquoi n’avait-elle pas vraiment de temps à nous consacrer ?

Il est vrai que notre « road trip » avait été ridicule comparé à celui de la troupe. Ils étaient arrivés deux jours plus tôt tous les 11 couverts de boue, des cernes jusqu’aux pieds, sentant tous la transpiration de plusieurs jours et complètement exténués par leur voyage. Pourtant, tout avait bien commencé pour eux : près de 3000 personnes étaient venues assister aux défilés et aux spectacles qu’eux, l’alliance française de Diego et une troupe de la Réunion avaient organisé pendant 10 jours. Puis c’est le drame, tout s’enchaîne !
Ils empruntent la même piste que nous, seul le moyen de locomotion est bien différent. Nous avions eu la bonne idée de prendre un 4X4, pas eux !!
Je fais le malin mais lorsque nous étions à la gare routière de taxi brousse de Diego pour acheter un billet, nous n’avions pas cru les chauffeurs de 4X4 qui faisaient tout leur possible pour nous dissuader de partir en minibus. Bien sûr, nous pensions à la base que c’était pour gagner plus d’argent. Mais nous nous sommes vite rendus à l’évidence qu’aucune société de transport ne voulait faire ce trajet sans 4X4, tellement la route est mauvaise, et qu’il n’y avait pas d’autre choix que celui-là.
Seulement voilà la troupe loue un minibus depuis la capitale pour toute la tournée, malgré les objections du directeur de l’alliance française qui connaît bien le coin. Et, là où nous avons passé 27 heures très difficiles, eux galèrent pendant plus de trois jours, à attendre que certains camions bloquant la route puissent enfin leur laisser le passage, puis c’est le minibus qui à maintes reprises reste bloqué à son tour dans la boue. Alors ils dorment à la belle étoile la nuit après avoir jouer des percussions et de la cabosse (guitare malgache), le moral est au beau fixe quand même, mais plusieurs pièces mécaniques ont cédé dans les « accidents » de parcours. Ils ne savent même pas s’ils vont arrivés au bout. Les chauffeurs et mécaniciens rafistolent le minibus tant bien que mal et arrivent finalement à Antalaha, avec deux jours de retard sur le programme prévu. Résultat, les dégâts du minibus sont conséquents, les réparations vont coûter très cher, et il est hors de question de refaire la route dans une semaine pour rentrer à Tana. Une seule solution : le boutre !!!
Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un boutre, c’est tout simplement le moyen de transport à éviter par excellence si on tient à sa vie !!!! Rien qu’à voir le cimetière de boutres près du port, cela ne donne pas vraiment envie !
Sorte de petits bateaux en bois, il en existe plusieurs sortes : à voile, à rame ou à moteur. Quand on a 24 heures à passer dessus, surtout en période d’alizés violents ou pendant la saison des pluies, il vaut mieux éviter les deux premiers !
Ceux qui relient le port d’Antalaha à celui de Tamatave sont des bateaux que l’on repère de très loin « grâce » à la fumée noire qu’ils dégagent. Les locaux ne savent jamais s’ils sont en train d’arriver ou s’ils prennent feu !! Mais pour l’instant le « Jenna III » fait depuis longtemps cette traversée sans trop de problèmes et c’est lui qui va les emmener (avec le minibus !) à bon port dans quelques jours, avec une addition assez salée pour le transport.
J’arrête ici les fameuses aventures de nos « compagnons » de route…pour l’instant.

Voilà pourquoi notre arrivée a semblé si peu importante dans un tel contexte ! Nous étions autonomes, et pas vraiment liés à eux et à leur projet initial, des frais énormes de réparations et de transport qui n’entraient pas dans leur budget… Mais cela n’excuse pas forcément tout… Et puis je pense que la directrice ne nous prenait pas vraiment au sérieux. Pour elle, ils étaient LES artistes et nous n’étions que des clowns sans prétention. Nous voulions être intégrés à la troupe, nous n’avons fait que l’effleurer…

Nous avions l’impression qu’Antalaha nous maudissait. Nous avons lutté pour venir jusque dans cette ville et rien ne nous souriait. Jusqu’à la rencontre d’un jeune couple de français, qui était en voyage depuis quelques mois sur l’île, avec qui nous avons vraiment beaucoup sympathisé, bonjour à vous Vinz et Laure (c’était notre premier contact depuis notre arrivée à Mada avec des vazahas !) et surtout avec Mathieu, le directeur de l’alliance française, qui a totalement changé notre destin ici, pour notre plus grand bonheur…

Côté spectacle, de même, pas mal de soucis. Lundi de Pentecôte, jour férié, Mathieu a fait une grande pub les semaines précédentes (nuits blanches à faire la banderole qui donne sur la rue principale, radio, télévision, bouche à oreilles…) afin que les habitants puissent assister à une journée sans précédent dans leur ville. Et comme par hasard, la pluie est venue tout gâcher. Il faut savoir que dans la région, il y a la saison des pluies, de Novembre à avril, puis la saison où il pleut !!! Seuls les bretons et les belges installés ici semblent heureux de voir qu’il pleut autant, sinon moins, que chez eux !!
Du coup, une centaine de personnes est venue assister aux représentations. La troupe fait son spectacle pendant que nous nous maquillons et boum ! Une demie-heure après avoir commencé, coupure d’électricité de la part de la Jirama, l’EDF du pays, un lundi de pentecôte, en plein après-midi... Et quand la Jirama coupe le courant cela peut durer cinq minutes comme cinq heures. D’habitude elle prévient les habitants, cette fois-ci, comme par hasard, non. Heureusement pour la troupe, il y a quatre très bons percussionnistes qui font la musique du spectacle. Exit les cabosses, mais au moins ils peuvent continuer de jouer en improvisant sur les numéros d’acrobaties, de tissu, de jonglage, de danse. Un mélange curieux d’art « comptant pour rien », pardon « contemporain », pas très accessible pour un public Malgache non-initié, et en particulier pour les enfants qui avaient envie de voir quelque chose de moins…conceptuel.

Bref, le spectacle se termine et c’est à nous d’entrer en scène. Toujours pas d’électricité… donc pas de musique… donc pas de spectacle… grande déception… première représentation annulée depuis toujours… justifications douloureuses auprès du public… sentiment d’échec complet sur Antalaha que nous devons quitter le lendemain… avec une troupe qui, mis à part un ou deux, ne vient même pas nous dire un seul mot, préférant démonter le matériel le plus tôt possible… l’électricité revient dix minutes après notre annonce… tout le monde est déjà parti, la sono et l’éclairage démontés… c’en est trop… on ne peut pas quitter cette ville sur ce constat amer… c’est un signe…

Et voilà que Mathieu, avec qui nous avions bien sympathisé et à qui nous avions livré nos états d’âme, vient nous voir pour nous proposer de rester ici afin de donner quelques représentations dans des écoles et des villages du coin, de nous loger chez des amis à lui, et si possible de créer un spectacle avec une classe de CM2 dans une école française avec qui il a l’habitude de travailler !!!

N’avez-vous jamais eu ce sentiment d’être au « bord du gouffre », en se disant qu’il y a forcément une raison à cela, et que l’instant d’après, vous surplombez la vie avec une joie de vivre parce que quelqu’un vous a tendu la main ?? Cela nous arrive très souvent de voir que c’est lors de nos pires galères que l’on fait nos plus belles expériences, nos plus belles rencontres. La vie est comme un trampoline : plus on s’enfonce, plus haut et plus loin on rebondira…

Et nous voilà le lendemain, avec du travail pour toute la semaine, et logé dans une maison encore plus grande est plus belle que dans mes rêves… chez des gens encore plus beaux et plus grands que leur maison !!

Pascale et Benoît, encore un grand merci pour TOUT, sont de cette catégorie de personnes qui cassent tous les préjugés que chacun peut avoir sur la richesse. Ils sont de ceux qui prouvent que l’on peut être riche et altruiste, généreux, honnête, intègre.
Alors oui, ils vivent dans la plus grande maison de la ville, une villa de style maison coloniale (construite il y a seulement 12 ans), avec plus de 1500m2 de surface habitable, au plafond gigantesque de plus de 5m de hauteur, aux innombrables chambres et salles de bain, sans compter le jardin arboricole qui donne sur la plage, le terrain de tennis, les domestiques…mais tout ce luxe ne leur appartient pas.
Benoît est directeur d’une entreprise spécialisée dans la vanille bio. Mais le propriétaire n’est autre que la groupe Henry Fraise, une des plus grosses fortunes au monde grâce à ses multinationales. La famille Fraise lui a légué ce poste et la demeure (qui se trouve à 20 mètres de l’entreprise) il y a deux ans. Il travaille comme un fou et de façon de très professionnelle, ne se repose pas beaucoup, mais cela ne l’empêche pas d’avoir des idées très sociales, d’être simple, drôle et un bon père pour ses deux enfants adoptés.
Pascale, quant à elle, est aussi douce et drôle que belle et généreuse. Elle travaille comme coordinatrice à l’alliance française et est une grande sportive. D’origine indienne, elle grandit dans une famille belge dès l’âge de deux ans. Autant dire que l’adoption est un mot qu’elle connaît mieux que quiconque. Alors le jour où, lorsqu’ils travaillaient tous les deux en Guinée, une des familles du village leur a supplié de s’occuper d’un magnifique orphelin de trois mois, ils ne purent qu’accepter ce petit bout de chou avec un sourire jusqu’aux oreilles, malgré la forte fièvre et la galle dont il était atteint. Quelques jours après seulement, le préfet, les imams et le père de l’enfant (ne pouvant subvenir à ses besoins) ont déclaré officiellement l’adoption de Thibault auprès de sa nouvelle famille. Benoît et Pascale ont continué à aider la famille naturelle de Thibault pendant les deux ans restés dans le pays.
Puis vint Madagascar et une nouvelle adoption d’un petit malgache. Le fils d’une des anciennes employées de l’entreprise de vanille, qui ne connaissait pas le père et qui ne pouvait pas non plus garantir la survie de l’enfant. Cela fut un peu plus long et plus compliqué administrativement, mais dans quelques mois Arnaud, 11mois, aura la nationalité belge comme son frère et ses parents.
Leur histoire nous touche particulièrement car c’est exactement celle que nous aimerions avoir. Nous avons appris beaucoup sur l’adoption et sur le fait que oui, il est bien plus facile et plus rapide, entre trois jours et quelques semaines ou mois, lorsque l’on réside dans le pays. Sinon, il faut attendre des années pour l’agrément, puis encore des années après l’avoir reçu, tout dépend ensuite des lois du pays. Du coup il est presque impossible d’avoir un bébé si l’on adopte à distance.
Et voilà que nous vivons avec notre rêve sous les yeux, avec ces parents brillants et ses enfants à l’énergie débordante et constamment en train de rire, dans cette maison de rêve, avec ces repas de rêve, ces lits de rêve, ces odeurs de rêve de vanille, de girofle, de cannelle qui sortent de l’entrepôt et qui parfument toute la journée l’air environnant…

Bref, l’endroit rêvé pour tomber malade… C’est ce que j’ai pensé (Milie) et je n’ai pas fait les choses à moitié ! Une angine blanche version tropicale… Je m’explique, j’ai du faire une bonne centaine d’angines depuis ma naissance (mes amygdales étant surdimensionnées et fonctionnant donc un peu comme un entonnoir au niveau des bactéries), mais avant celle-ci j’ignorais réellement ce qu’était une véritable angine blanche ! Oubliez immédiatement vos souvenirs d’amygdales couvertes de points ou de filaments blancs disparates, imaginez la totalité de la surface de vos amygdales recouvertes d’une épaisse couverture blanc jaunâtre, un peu comme un champignon vénéneux… HUUUMMM !!! Ajoutez à cela le fait que chacune d’entres elles avaient gonflé au point de toucher la petite glotte centrale, de sorte que celle-ci ne gesticulait plus joyeusement, mais restait collée sur l’une ou l’autre des montagnes adjacentes, laissant un espace de respiration de plus en plus restreint… Résultat 4O de fièvre pendant un jour et demi, couchée pendant 4 jours, un traitement anti-palud en plus des antibios (car ici qui dit fièvre, dit cure anti-palud au cas où, car si le palud s’installe il peut se transformer en neuro-palud et là en 48H t’es dead, alors les toubibs ne prennent pas le risque), et des nuits d’insomnie à m’imaginer avec une trachéotomie car je ne les voyais plus s’arrêter de gonfler ! Comme d’habitude, plus de peur que de mal, tout est maintenant rentré dans l’ordre, mais avec l’accident de moto de la semaine dernière ça commençait à faire beaucoup, que font les astres au dessus de ma tête ???

Nous avons donc prolongé notre séjour à Antalaha. Nous restons toute cette semaine ici, afin d’honorer nos engagements vis-à-vis de l’école française et de Mathieu. Au programme, des après-midi d’ateliers avec la classe de CM1/CM2, six représentations en quatre jours dans d’autres écoles, à l’alliance française et au village des lépreux non loin de la ville.

Nous reprenons la légendaire route de Vohémar-Ambilobe samedi, sans doute celle qui m’a valu mon angine étant donné la quantité de poussière, pluie et vent que le voyageur ingère pendant le périple ! 21H de 4X4 jusqu’à Ambilobe, il nous restera ensuite à rejoindre Mahajanga, mais là nous n’avons encore jamais fait la route, surprise… (il paraît qu’elle n’est pas trop pire !) Nous serons alors sur la côte ouest, d’où nous prendrons le bateau qui nous mènera aux Comores par le canal du Mozambique. (Allez sortez vos atlas, vous verrez mieux et c’est tellement beau une carte !)

Pour ce qui est du feuilleton « la caisse en bois », le Loulou ronflant comme un bébé à mes côtés, je me permets de prendre la suite. Vous allez être déçus par la chute, d’autant que mes talents de narration n’égalent en rien les siens. Nous avons fini par trouver une solution nettement moins onéreuse que tout ce que nous avions envisagé auparavant. En tout cas, nous espérons bien ne plus en reparler, surtout pour Pascale, qui rentre en Belgique en juin. Son avion s’arrête à Paris, d’où elle prend le TGV pour Bruxelles. N’étant pas trop chargée, elle nous a donc proposé de prendre la caisse avec elle, à la condition évidemment que quelqu’un vienne la chercher pour nous à l’aéroport Charles de Gaulle. Luis a donc soudoyé toute sa famille, jusqu’à ce que Sylvia et José lui promettent que l’un ou l’autre irait la chercher, cette fameuse caisse !!! Récompense pour le courageux qui s’y rendra : il y a, à l’intérieur, 1 kilo de la meilleure vanille que l’on puisse trouver au monde (4O euros le kilo à la source, quand même !), elle est magnifique, parfumée, gorgée de sève et sent le chocolat. Mais attention ne la gaspillez pas, une gousse peut être utilisée 3 ou 4 fois, si elle est soigneusement lavée et séchée entre chaque utilisation… Elle doit être conservée dans son papier d’origine (papier paraffiné), au frais (frigo ou même congélateur) et nous devrions en avoir pour une bonne dizaine d’années…
Voilà pour les courageux qui sont arrivés au bout du texte…

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Milie & Luis

jeudi 24 mai 2007

Et voilà que se tourne la dernière page du chapitre 1…

Nous avons dévoré ces deux mois à Tanambe comme des affamés ! A l’école matins, soirs et week-end, avec un emploi du temps serré alternant les ateliers-spectacle (jonglage et musique pour Luis, danse et théâtre pour Milie), les jeux de parachute et la fresque murale … Je résume pour ceux qui n’auraient pas suivi, pardon pour les autres !!! Voilà enfin des photos pour illustrer nos propos !

Toute cette énergie et cette sueur dépensées se sont soldées jeudi 17 mai par une superbe journée, les enfants nous ont littéralement époustouflés ! Après la répétition générale catastrophique de la veille, nous étions quelque peu inquiets, d’autant que le temps était à la pluie depuis le début de la semaine et qu’évidemment tout était prévu en plein air ! Vous entendez déjà le Loulou affirmer de sa mégalomane superstition qu’avec lui toute fête se termine toujours sous la pluie et bien que nenni le soleil était là et bien là et les enfants à fond dans ce qu’ils interprétaient !!!

Les 200 spectateurs se sont émerveillés des 20 spectacles (en comptant les chorales des différentes classes d’âge et le spectacle des profs !), le directeur de l’école publique (car la Perfomance est une école privée, laïque mais privée !) a adoré et a même décrété « On a jamais rien vu de pareil à Tanambe ! »

Et puis il a fallu balayer la cour, superposer les chaises, plier les costumes dans le sac à dos, échanger les photos, se remémorer en riant les petits couacs que nous seuls avons vus… Jusqu’aux adieux tout aussi solennels que l’était notre arrivée, mais emprunts d’une émotion beaucoup plus sincère :

Vendredi, 16H30, au moment où l’on baisse les drapeaux dans la cour de l’école, les 270 petits bambins, sur les visages desquels nous pouvons maintenant mettre des prénoms, se sont tournés vers nous et, au lieu de chanter la Marseillaise comme à l’accoutumée, l’une d’eux, Sylvia, élève de 4ème, est venue lire un texte très émouvant de remerciements sur les expériences partagées, le souvenir laissé, etc…

Nos gorges se sont serrées, j’ai laissé couler la première larme, ai tenté de répondre par quelques mots qui se sont bousculés, pour finir en gros sanglots. Du coup, nous avons arrêté là les discours et les 270 petiots sont venus, en pleurs eux aussi, nous faire des tonnes de câlins et de bisous. C’était magique, du grand bonheur !!!

Je vais prendre ma douche avant la coupure d’eau et cède la place au Loulou.

Des baisers tout plein,

Milie.

Bon où en était-elle ? Ah oui. Moment magique, bonheur indéfinissable pour nous, tristesse inconsolable pour eux !!!

Mais ces moments d’adieux ont perduré toute la journée du lendemain où près d’une cinquantaine d’élèves sont venus nous voir à l’école le matin, jusqu’à se bousculer à la porte de « notre maison » (nous empêchant ainsi de faire nos bagages !!) tout l’après-midi pour faire une photo avec nous et nous offrir des cadeaux de toutes sortes : artisanat de la région tels que paniers et boites en roseaux, des petites sculptures en bois (arbres du voyageur, instruments de musique couchés au pied d’un cocotiers, des 2CV, des motos et des tracteurs…), des chapeaux, des avocats gros comme un ballon de football américain et deux œufs !!!

Milie a même reçu un bracelet et un mini sac à main de la part d’une mère de famille que nous avions simplement l’habitude de saluer sur notre chemin menant à l’école. Cette famille ne possède rien, ils n’ont presque pas d’argent, les enfants ne sont pas inscrits dans notre école et nous n’avons jamais créé de lien particulier avec eux. Et voilà qu’au moment où nous leur avons fait comprendre que nous partions pour de bon, la mère et la fille se sont ruées vers nous, munis de ces présents, avec une spontanéité qui nous a mis la larme à l’œil… Nous réalisions une fois de plus la force et la beauté de ces villageois altruistes qui allaient vraiment nous manquer.

Alors pour garder tous ces présents, voici l’histoire de la caisse en bois !!

Tout a commencé le jour où nous avons décidé de commander une caisse assez résistante afin d’envoyer l’artisanat à base de roseaux, raffia, et autres superbes matériaux de construction. Cela va sans dire qu’il est inconcevable d’envoyer tous ces objets, aussi beaux que fragiles, dans un carton. Pour avoir travaillé, dans les plateformes de Fret, à charger et décharger les camions, il est clair que notre colis serait réduit en crêpe ou en ballon de carton tellement les ouvriers n’ont pas le temps d’être consciencieux, poussés par des patrons qui les forcent à travailler, non pas bien, mais le plus rapidement possible. Gain de productivité oblige.

Bref. Enfin, comme d’habitude, je ne le suis pas trop !!

Tout cela pour dire, que nous avons eu la superbe, la magnifique, la splendissime idée de commander une caisse en bois ( ah oui je l’ai déjà dit ça !)

La première caisse que nous a ramené notre artisant, devenu un très bon copain d’insultes franco-malgache, était une très belle et grande caisse en bois d’azual. Le seul inconvénient, et de taille, est qu’elle pesait 19,5 Kgs. Détail important lorsque l’on ne peut dépasser les 20 kgs en Fret. Faites la soustraction et vous comprendrez ce moment ridicule et compliqué que nous avons dû gérer !!

Il a donc fallu en recommandé une autre, mais cette fois-ci plus légère, en bois de pin : plus petite en volume mais seulement 8,5 kgs. Victoire !! enfin pour l’instant…

Il a fallu batailler dur mais, après de nombreuses gouttes de transpirations, beaucoup de patience et d’esprit maniaque, nous avons réussi à faire rentrer chaque cadeau que les enfants nous ramenait toutes les cinq minutes, la veille de notre départ.

Nous voici alors partis pour Antananarivo, avec tous nos bagages et cette caisse en bois dont nous allions enfin pouvoir nous débarrasser rapidement avant de commencer notre périple vers le nord-ouest.

Mais voilà qu’à Madagascar, rien ne se passe comme on se l’imagine !!!

Nous avons perdu toute la journée à aller d’un point à l’autre de la ville, des postes publiques, qui gèrent les colis postaux, aux agences privées de Fret, à dépenser une somme incommensurable en taxi, un temps fou à discuter, négocier, à croire enfin à la solution, à être, l’heure d’après, tombés dans la désillusion… et toujours avec cette caisse à la main ne sachant qu’en faire !

Car, nous l’avons appris à notre grand damne, il n’y a presque aucune solution pour envoyer un colis par voie maritime. Au meilleur des cas, nous devions aller faire une attestation de valeur auprès du ministère des arts et cultures, une liste de colisage et une dispense ERD (pour ne pas payer de taxes sur les entreprises) auprès d’un autre organisme public. Cela nous aurait pris quelques jours précieux que nous n’avions pas et sans compter sûrement sur les bakchichs à payer de-ci, de-là. Et il était hors de question de débourser près de 200 euros pour envoyer par avion un colis qui n’en vaut que 60.

Alors, sur une merveilleuse idée de la part du grand responsable d’une agence de Fret de la capitale, nous décidons de changer notre itinéraire initial pour rejoindre le port d’Antsiranana (Diego-Suarez), à la pointe Nord-Est du pays, où il est certain, selon lui, de pouvoir envoyer par bateau cette encombrante caisse qui commence à nous coûter cher, à tous points de vue.

27 heures de taxi-brousse plus tard, nous voilà arrivés éreintés par la route et inquiets pour notre santé physique. Non pas à cause d’une nouvelle diarrhée, due à la nourriture indigeste que l’on est obligé de manger en route, mais bien parce que deux heures plus tôt un malgache, dont le taux d’alcoolémie était de loin supérieure à la vitesse à laquelle il roulait, nous a percuté de plein fouet avec son scooter. Il roulait sans phare et trop près du taxi brousse d’où nous venions tout juste de descendre pour faire une halte de dix minutes. Nous étions en train de discuter gaiement avec un passager et n’avons rien vu venir dans notre dos. Milie s’est pris l’avant du scooter dans le dos, la faisant tomber à terre et malheureusement heurté le bitume la tête en arrière, et l’instant d’après le scooter m’a fauché les deux jambes en retombant sur le coude et le poignet, heureusement sans conséquences…

Tout à coup, une masse humaine s’est empressée autour de nous pour nous aider à nous redresser, à évacuer le scooter qui se vidait de toute son essence sur l’asphalte, à nous prier d’aller voir un médecin et à rechercher le fautif de cet incident. Ce dernier avait mystérieusement disparu dans tout ce tohu-bohu. Milie n’avait pas trop mal, si ce n’est ce choc assez violent à la tête. Bien que nous avons refusé de passer chez le médecin du village d’Ambilobe, parce nous sentions à peu près ok, nous nous inquiétions quand même d’un possible traumatisme crânien. Surtout qu’il y a quelques temps, nous avions appris qu’un gendarme, alors en fonction, s’était fait percuté sur son vélo par une voiture. Petite précision, il était complètement saoul (pas le chauffeur), n’avait absolument rien senti du choc qu’il venait de recevoir et est rentré tranquillement chez lui comme si de rien n’était. Deux heures plus tard, il s’est évanoui pendant son repas et ne s’est jamais réveillé : hémorragie interne…

J’avais plaisanté ce jour-là en disant que moralité : Il ne fait pas bon être gendarme !!! Dans le taxi-brousse qui nous menait à Diego-Suarez, je regrettais profondément cette mauvaise blague…

Tous deux avions peur qu’elle dorme mais nous étions tellement fatigué par la route qu’il était impossible de faire la distinction entre l’épuisement et le malaise.

Mais plus de peur que de mal… même si le mal est encore un peu présent, la peur s’est dissipée le lendemain avec la confirmation par les radios faites à l’hôpital qu’il n’y a absolument rien.

Et cette caisse ? C’est bien à cause de celle-ci que tout est arrivé. Et en plus de tout cela, nous nous sommes heurtés à des réponses plus négatives les unes que les autres de la part de toutes les agences de Fret de la ville. Solution, louer un container de 200 tonnes à 2000 euros pour y déposer notre caisse à l’intérieur !!! Pas convaincu.

Autre solution : la garder avec nous jusqu’à retourner à la capitale dans un mois et demi pour l’envoyer et faire les visites des ministères et bakchichs et Co ? En résumé : retour à la case départ !!!

Un vrai cadeau empoisonné que cette caisse en bois !!!

Nous quittons Diego, cet après-midi, et ses inombrables coupures de courant, dues aux grèves multiples des employés de ce service public qui court, un peu plus tous les jours, vers le dépôt de bilan. Beaucoup soupçonnent l'immobilisme intentionnel du gouvernement, dirigé par le dictateur néo-libéral qu'est le président "démocratique" Ravalomana, afin d'ouvrir le secteur de l'électricité aux investisseurs étrangers (Europe et Chine en particulier). De surcroît, pour répondre aux nombreuses manifestations de mécontentement, voire émeutes, dans presque toutes les grandes villes du pays, il envoie les forces de l'ordre pour calmer les esprits. On en connait d'autres qui agissent de la même manière. Les relations franco-malgaches vont sûrement devenir très bonnes ces cinq prochaines années.

Bon assez de politique...bah j'y arrive pas ! C'est plus fort que moi ! Et n'oubliez pas les législatives !!

Luis


dimanche 13 mai 2007

LE FRONT NATIONAL DIRIGE LA FRANCE…

Non, ce n’est pas de l’ironie, du sarcasme, une mauvaise blague de mauvaise foi. Il suffit de se rendre à l’évidence que notre nouveau président de la république a réussi son pari de séduire les électeurs de Le Pen sans qui il n’aurait peut-être pu, ni passer le premier tour, ni être élu en tant que chef d’état. Il est étonnant de voir que, bizarrement, le FN a perdu près de 10 % de son électorat au premier tour et que les partisans n’écoutent même plus les consignes de vote au deuxième tour de leur leader. Ce dernier, malgré tout ce qu’il peut dire, est devenu conscient de sa lente agonie politique et s’est rendu à l’évidence qu’il a été mis hors jeu par bien meilleur homme de communication que lui.
Pour preuve, il suffisait de voir dimanche soir qu’il n’y avait absolument que des blancs parmi les partisans bleus de Sarkozy. Et ces personnes sont censées représenter la France métissée ? une France ouverte à autrui ? Une France qui voit plus loin que son nombril et son portefeuille ?????
Autre remarque, le résultat de ces élections coïncident avec le fait que la France vieillit au sens propre du terme. Sans vouloir faire de caricature ou avoir des préjugés, j’ai beaucoup de mal à croire qu’il y a autant, sinon plus, d’électeurs de 18-30 ans ayant voté pour notre nouveau président que la génération de leurs parents et grands parents. Si l’on admet que tous les gens en âge de voter se sont, à plus de 85%, présentés aux urnes, alors il faut bien reconnaître que les papy boomers sont bien plus nombreux que la jeunesse française à voter pour la protection de leurs intérêts et pour l’exclusion sociale, économique, politique et raciale.
Alors les médias peuvent dire tout ce qu’ils veulent (la victoire de la démocratie qui doit être respectée dans le calme et la paix, le retour des belles valeurs civiques…) mais une chose est sûre : le FNUMP est bel et bien assis sur le trône royaliste tandis que la liberté et le pouvoir du peuple sont plus que jamais en danger…
Et malgré le beau discours démagogique d’extrême gauche que notre nouveau président a osé déclaré dimanche soir (il a simplement dit ce que tout un chacun avait envie d’entendre pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’hostilité, de manifestations immédiates contre lui), il devra continuer à garder le plus longtemps possible cet électorat si précieux d’extrême droite en agissant comme l’aurait fait un Le Pen au pouvoir…
Mais ça, tous ceux qui ont voté contre lui le savent déjà. Quant aux autres…En ont-ils seulement conscience, s’en moquent-ils ou en sont-ils fiers ?? Un peu des trois sûrement…
En ce qui concerne les réactions de certains sur le fait de leur reprocher d’avoir voter pour Ségolène Royal, peut être me suis-je mal fait comprendre…
Je ne reproche à personne en particulier d’avoir voté pour elle en toute âme et conscience, par conviction personnelle ou par militantisme. Je n’ai fait que constater que l’extrême gauche a lourdement été pénalisée par le chantage que le PS a fait à travers le « vote utile ». Et ne venez pas me faire croire le contraire : cela a été leur ligne politique depuis le début de cette campagne en prônant qu’ils étaient les seuls capables de contrer Sarkozy.
Et c’est bien à ces friables électeurs que je m’adresse : ils se prétendent d’extrême gauche, disent en avoir assez de voir toujours les mêmes au pouvoir (de droite comme de gauche), aimeraient voir les choses évoluer vers des valeurs plus équitables pour tous. Seulement dès qu’il y a un obstacle aussi gigantesque que Sarkozy, alors ils se tournent vers ceux qu’ils critiquaient auparavant, votent pour le libéralisme social prôné par le « centre gauche caviar » qu’est devenu le Parti Socialiste, laissent de côté leurs idéaux et leur morale et tout ça pour quoi ?? pour voter « utile » ?!!!
Ce vote n’a été utile que pour ce parti qui était en décomposition depuis la défaite de 2002 et le Non à la Constitution Européenne de 2005. N’oublions pas que le PS, menée alors par Ségolène Royale et Dominique Strauss Kahn, était un farouche partisan de cette constitution libérale qui aurait légalisée les pratiques quotidiennes peu scrupuleuses et anti-démocratiques des plus puissants et des plus riches décideurs, qu’ils soient patrons de multinationales, investisseurs, hommes politiques...
Conséquence de ce vote « inutile » :
1-N’est-il pas écoeurant de voir, qu’une fois de plus, les colossales sommes d’argent engagées, lors de cette campagne, par les 4 plus riches partis de France (dont le FN) vont être intégralement indemnisées… au frais du contribuable bien sûr (mais cela tout le monde s’en fout car on préfère s’en prendre plutôt aux chômeurs et aux rmistes) ?
2-Au delà du fait qu’aucun des partis d’extrême gauche ne pourra se faire rembourser sa campagne, car il faut atteindre les 5%, au-delà du fait que ce sont précisément ces petits partis qui n’ont déjà pas beaucoup d’argent pour militer et continuer la lutte contre ces grosses limousines politiques, c’est un vrai coup au moral et de discrédit qui s’est abattu sur eux.
« La France ne croit plus aux extrêmes » pouvait-on lire dans la presse.
D’autant plus que les grands médias continuent à s’acharner sur eux en faisant passer les manifestants, qui se sont rejoints spontanément et pacifiquement dans les rues des grandes villes de France pour montrer leur désarroi et leur mécontentement sur le vote de la majorité de leurs concitoyens, pour de vulgaires partisans d’extrêmes gauche anti-social, non respectueux de la démocratie, pour des casseurs et des pyromanes. Les médias corporatifs ont, comme à l’accoutumée, omis de dire que la manifestation a dégénéré quand les CRS sont arrivés pour briser la manifestation.
Question : Pourquoi y a t’il eu des manifestations gigantesques, soutenues (pour ne pas dire décidées) par les médias et hommes politiques de tous bords, le 22 avril 2005
après avoir élu Le Pen au deuxième tour sans qu’il n’y ait aucune charge de CRS, aucun blessé par la police, aucune interpellation et aujourd’hui, plus personne n’aurait le droit de s’opposer à la nouvelle décision prise par les 53% des électeurs français ??
Alors évidemment on peut se convaincre aisément qu’il est trop tard, que le mal est déjà fait, qu’on ne peut plus rien faire pour empêcher Sarkozy d’appliquer ses lois. C’est le discours apathique habituel…
La France doit résister oui. Et pas seulement dans les mots, car ils ne sont rien sans les actes. Déjà RESF a déclaré continuer la lutte contre les expulsions d’enfants scolarisés et issus de l’immigration, les syndicats et les structures publiques (écoles, universités, hôpitaux, la Poste, EDF-GDF… déjà malmenées depuis l’ère Chirac), mis à part l’armée et la police, sont plus que jamais menacés dans leur statut et continuent à se mobiliser, la précarisation de l’emploi et les pleins pouvoir au patronat vont s’intensifier, les indemnisations de chômage vont être durcies, toute la France d’en bas est visée par nos futurs dirigeants.
53% des électeurs français (ce qui ne veut pas dire 53% des gens qui habitent dans ce pays, il y a une forte nuance à faire ici !!) a décidé de soit contrôler le pays, soit être contrôlé par ceux qu’ils ont installés au pouvoir.
Et vous qui avez voté contre, qu’allez vous faire ?? Vous laissez contrôler en prenant le risque de perdre vos libertés individuelles, votre liberté d’expression ? Baissez les bras ? ou Résister à votre manière ?
A commencer déjà par les prochaines élections qui sont aussi, sinon plus désormais, importantes que les présidentielles : celles qui vont décider, le mois prochain, quel parti politique suivra ou bien tentera de freiner, ou de contrer, les lois Sarkozy en élisant le prochain gouvernement et la prochaine assemblée nationale.
Beaucoup ont tellement mis d’espoir dans ces présidentielles, et nombreux sont ceux qui votaient pour la première fois (je pense notamment aux jeunes des banlieues), qu’ils ne doivent plus croire, désormais, à l’utilité de voter. Et bien, je pense, qu’ils feraient là une grave erreur de jugement de sous-estimer l’importance des législatives de juin : une forte abstention ne pourrait que rendre service au dangereux gouvernement que Sarkozy va nous pondre la semaine prochaine.
N’oublions pas que, sans exagération, la France n’a jamais été aussi menacée depuis Pétain. N’oublions pas non plus que nombreuses sont les personnes mortes, ou qui ont combattu, dans le passé pour pouvoir jouir aujourd’hui des droits individuels, de la couverture sociale, de la protection des droits du travailleur, de la retraite, des congés payés, d’un des meilleurs systèmes de santé et d’éducation au monde… et que nous avons désormais (depuis quelques temps quand même) en France, comme dans beaucoup d’autres pays européens, des hommes au pouvoir qui vont, bien plus que remettre en question, complètement réformer ses privilèges (qui n’existent presque nulle part ailleurs dans le monde) au nom de la privatisation, et qui vont nous renvoyer au moyen âge social ou au modèle étasunien, selon les points de vue… mais le résultat sera le même.
Luis
P.S : Pour finir quand même sur une note joyeuse, je voulais souhaiter, malgré son cadeau empoisonné de 20H00, un bon anniversaire à ma belle maman qui a fêté ses 52 ans, le 6 mai 2007.
Notre numéro de téléphone si ça intéresse certains. Cette fois c’est sûr c’est celui-là :
00261 20 54 081 63
Vous pouvez nous joindre tous les soirs entre 19H30 et 21H30, heure de chez vous. On part le 20 mai pour d’autres aventures, mais avant cela on vous racontera la dernière ligne droite de nos projets tumultueux à Tanambé.

mardi 24 avril 2007

politique et doux village

Bonjour à tous,
Nous avons appris ce matin seulement les résultats du vote des français !!!
Force est de constater que le peuple préfère voter par peur ou par calcul politique d'un côté au lieu de voter pour ses propres convictions, ses idéaux et, de l'autre, pour la peur, le calcul financier, l'individualisme, la haine et le totalitarisme.
Et ensuite on nous chante les louanges de la victoire de la démocratie !!!!!!
Nous sommes assez dépités de réaliser une fois de plus, que nous et nos amis faisons partie d'une toute petite minorité et que ce pays dans lequel nous vivons est peuplé de gens avec qui nous n'avons vraiment rien en commun. C'est triste et désolant !!! Vu d'ici, réaliser que les questions d'environnement et d'alter-mondialisme ne préoccupent personne est assez navrant.
C'est, une fois de plus une grande leçon, pour l'extrême gauche qui ne comprend toujours pas ce que la solidarité et l'union veulent dire, eux qui ne cessent de ressasser ces mots. Tant qu'il n'y aura pas de vrai lobbying de tous ces petits partis avec un seul candidat crédible, ils resteront inexistants…au plus bas de la vie politique.
Mais qu'ils ne s'inquiètent pas, car si « leur autre monde est de moins en moins possible », il y en a un qui va bientôt être inévitable compte tenu du désastre socio-politico-ecologique mondial dont chacun de nous est responsable et pour lequel nous continuons de voter....et ce monde là va être beaucoup moins doux à vivre pour tous les êtres humains de cette planète.
Et puis la défaite de le Pen...pfff... l'électorat qui l'a laissé tomber a trouvé un bien meilleur poulain désormais pour enfin voir leur idéologie mise en place !!!!!
Nous tentons d'expliquer à nos amis malgaches de l'école, que le français moyen s'est encore une fois plus soucié de son nombril et de son portefeuille que de ce qui peut se passer à l'extérieur de chez lui, et que cela va être de plus en plus compliqué pour eux d'obtenir un visa pour venir nous rendre visite en France !!!
Bon, pour nous, tout continue son cours tranquille malgré tout. Nous attaquons notre deuxième semaine intensive d'ateliers (théâtre/danse pour Milie, jonglage-accrobaties/musique pour Luis), et des esquisses de spectacles commencent à voir le jour...
Les enfants commencent à nous adopter, les grands (collège) nous invitent à leurs booms (que le temps fut long avant de pouvoir déguerpir !), les petits cessent de hurler de terreur lorsqu'ils nous aperçoivent ( Faltin, 3 ans, le plus terrorisé, a avoué à ses parents que c'était le grand nez de Luis qui l'inquiétait le plus ) et nous continuons à nous engraisser gaiement aux rythme des mets raffinés de Joliot ! Nous débutons demain un autre projet qui consiste à faire peindre par les enfants une immense fresque sur un des murs de l'école. Car il semble qu'ils n'aient pas souvent l'occasion de s'exprimer ou de créer. Alors, on en profite, ce sera les mois des "vahazas", où tout le monde se lâche...
Les profs aussi du coup ont décidé de créer un petit spectacle pour la fête du 17 mai.
Ce qui est formidable ici, c’est de voir que nous avons carte blanche pour tout ce que nous voulons réaliser dans cette école, et malgré le peu d’argent et de matériel, tout le monde se plie en quatre pour mener à bien ces projets, aussi bien les élèves et leurs parents que professeurs et directeurs. Le « Solidarity system D Project » en quelque sorte !!
Nous commençons à nous sentir chez nous dans la haute maison de 3 étages qui nous a été prêtée, nous nous habituons à économiser l'eau, car lorsque la réserve est vide, il faut la remplir en puisant à l'aide de seaux et cordes... Nous avons une colocataire grenouille qui s'amuse à faire des sauts sur le lyno au milieu de la nuit et quelques gros cafards qui se relaient... La lumière est magnifique le matin et au coucher du soleil, les rizières qui entourent tout le village se teintent d'un vert flamboyant, et les nuits sont gorgées d'étoiles !
Il règne dans ce village une douceur de vivre parfois incompréhensible lorsqu’on se dit que la majorité de ses habitants souffre, depuis Novembre, de la période dite de « soudure », où tout le monde attend mi mai pour récolter le riz de leur terrain. Ils pourront enfin gagner de l’argent et manger sans compter chaque grain de riz de leur dernier stock. Entre temps, ils tentent de vendre dans la rue des fruits, des légumes, de la viande ou du poisson plus ou moins frais, des sacs plastiques, des flacons de toute sorte, de l’artisanat, n’importe quoi qui pourrait leur permettre de survivre…
Il arrive régulièrement que, durant ces cinq mois très difficiles pour tous, des villageois n’hésitent pas à se voler entre eux. Lors du lundi de Pâques, certains, peu scrupuleux, profitent des maisons vides pendant que tout le monde a quitté le village à pied, en vélo, en pousse-pousse, en taxi bicyclette, en voiture, en taxi brousse pour aller voir sa famille, ou entassés dans des camions et camionnettes pour aller à l’église catholique, protestante, orthodoxe, pentecôtiste (et j’en passe) d’un village voisin, avant de tous se réunir dans l’après midi pour faire la fête dans une prairie ou au pied d’une colline. Mais ces choses là n’arrivent pas si souvent que cela, rassurez-vous !!
Tiens d'ailleurs nous avons un téléphone fixe chez nous, si certains peuvent appeler gratuitement... Vous pouvez appeler de 20H30 à 21H30 (19H30 à 20H30 chez vous !) parce qu'on se couche très très tôt. Nous sommes réveillés tous les jours à 6H !!! Ou le week-end :
indicatif Madagascar : 00 261 (à vérifier...)
numéro à ajouter peut-être ??? : 020 ou 20
notre numéro : 54 081 63
Sinon, nos projets restent inchangés pour l'instant. Après le spectacle nous quitterons notre paisible petit village pour nous rendre sur la magnifique côte de la Vanille, où nous ferons une petite tournée du spectacle avec des artistes acrobates de la capitale, puis nous rejoindrons la ville de Mahajanga où nous prendrons un petit bateau jusqu'au Comores, ce qui nous permettra de renouveler notre visa pour 3 nouveaux mois.
A bientôt.
Luis et Milie