mercredi 4 avril 2007

Manaoné de la capitale

Manaoné à tous,

Enfin !! Cela fait du bien de pouvoir avoir une vraie connexion internet pour pouvoir envoyer des nouvelles fraîches.

Malheureusement, aujourd'hui n'a pas été la meilleure des journées. Non pas parce que nous avons été braqués ou ennuyés par les chauffeurs de taxis ou tous ceux qui veulent nous vendre de tout et de n'importe quoi (cela va même jusqu'aux carnets de tampons !! Allez savoir à quoi cela peut servir!), ni par le fait de voir des vieux et grassouillés vazas, au regard lubrique, accompagnés par de petites jeunes malgaches à peine sorties de l'adolescence et déjà déguisées en poupées Barbie, ni par le fait de voir aujourd'hui un référendum, d'ores et déjà truqué, pour l'adoption d'une nouvelle constitution qui donnera les pleins pouvoirs au dictateur qui sert de président au pays, ni par le fait qu'il pleut et qu'un autre cyclone menace encore l'île rouge...

Non rien de tout cela.

Il faut dire tout d'abord que, depuis quelques temps, nous pensons de plus en plus à l'adoption. Nous en parlons avec notre entourage ici et nous sommes venus spécialement à Antananarivo pour se renseigner un peu plus et prendre contact avec les orphelinats. Nous commencions à rêver d'un petit bout que l'on ramènerait avec nous en France, à nous projeter vers l'avenir.

Et puis voilà, nous avons rencontré ce matin une dame qui s'occupe de tout cela et nous a montré les nouvelles lois malgaches en matière d'adoptions internationales...

Retour sur terre....

Il faut déjà l'agréement de la DASS en France, passer des tas d'examens psychologiques, faire un tas de paperasse dans notre pays avant de pouvoir prétendre à un enfant ici. Puis cela ne passe plus par l'accord du directeur de l'orphelinat mais par l'état, autrement dit cela rallonge le délai de plusieurs mois (voire plus) sans parler du coût monétaire engagé...

Il faut dire qu'il y a eu tellement d'abus et d'enlèvements d'orphelins ces dernières années que le gouvernement a ressérrer la vis...

Donc voilà, nous rentrerons pour sûr à deux et non à trois, comme nous en rêvions. C'est un coup dûr au moral mais nous nous en remettrons vite. Et puis, nous n'abandonnons pas cette idée, c'est juste un projet remit à plus tard.

Alors nous allons rentrer dans notre petit village, revoir et s'occuper des 270 bambins qui nous ont d'ores et déjà adoptés !! Déjà l'autre jour, alors que nous étions en route pour venir à Tana, un des enfants de l'école a crié en malgache dans l'unique rue du village bondée de monde :


"Eh !! voilà nos vazas à nous !!! " Il existe encore des endroits sur Terre où les étrangers sont encore considérés comme des "porte-bonheur" !!


Seuls deux ou trois enfants, en petite et moyenne section, sont toujours térrorisés par les blancs qui se maquillent et font des spectacles bizarres où ils jouent des instruments étranges, font de la magie (noire pensent encore certains !!), courent dans tous les sens, crient, pleurent, et se réconcilient en jonglant et en sculptant des ballons !! Du coup, ils ne veulent plus venir à l'école si les vazas sont là !!!

Nous sommes de plus en plus amoureux de ce pays et de ses habitants au sourire constant, à la joie de vivre sans faille, par leur altruisme et leur générosité. Les fous rires mutuels et quotidiens avec les directeurs et les professeurs, depuis seulement deux semaines, ont créé une complicité rare et créent l'illusion que l'on se connait depuis plusieurs déjà. Ce pays est un véritable carrefour culturel et ehnique où se croisent allègrement l'Inde, la Chine, la Malaysie, l'Occident, le Moyen Orient et l'Afrique. Il est quasiment impossible de savoir physiquement qu'un malgache est un malgache tellement ses traits sont un mélange de toutes les ethnies du monde.
Nous sommes préssés de retourner dans notre petit village et quitter Antananarivo au plus vite. Malgré les mauvais échos de tous ceux qui sont passés ici, nous trouvons que la capitale n'est pas si oppressante et éttoufante que cela. Par rapport à ce que l'on a pu vivre à Bombay, Delhi, Rio de Janeiro, Mexico, Baghdad, Lima ou Quito, Tana reste malgé tout au rythme malgache du "Mora mora" (tranquille traquille), où le plus haut bâtiment de la ville doit être une église, pas de gratte-ciel, peu d'embouteillage, des transports en commun de partout, un centre culturel très interéssant, beaucoup de pauvreté et peu de voleurs ou d'arnaqueurs (même s'il faut quand même éviter de sortir tard la nuit...comme dans toutes grandes villes).

Seule la question alimentaire reste un problème pour un végétarien !!! Bien que nos amis de l'école tentent de me bichonner en préparant à chaque fois quelque chose sans viande et sans poisson, il est très difficile pour moi de manger autre chose que du riz, des carrottes, des haricots et surtout des oeufs (je commence même à ne plus supporter la vue d'une omelette!!). Donc au niveau complément alimentaire et protéines, c'est de plus en plus difficile et je me sens parfois très faible physiquement.

De plus, tout le monde s'amuse (y compris Milie) à jouer aux démons de la tentation, au serpent du jardin d'Eden, en me présentant tous les jours, non pas une pomme, mais un délicieux filet de Zébu ou de la carpe toute fraîche du Lac Alaotra !!!

Alors voilà, J'AI CRAQUE !!! Je me suis remis à manger de la viande.

D'abord pour les raisons que j'ai invoquées auparavant et puis, raison que je n'arrive toujours pas à comprendre, parce qu'à chaque fois que je voyais du Zébu sur la table, cette viande me donnait vraiment envie d'y goûter, chose qui ne m'était jamais arrivée depuis 4 ans, au grand damn de ma maman, de mes amis et de mes beaux parents !!!

Je dois dire que Joliot, le directeur de l'école, est un somptueux cuisinier et que cette vache à bosse malgache est réputée pour être l'une des meilleures du monde et je confirme, malgré tous mes états d'âmes !
Il ne manquerait plus que je me remette à fumer, à boire et à danser. Quoique pour les deux derniers c'est déjà fait également !
Ce pays est en train de briser tous mes principes, pour mon plus grand plaisir ou à ma plus grande peine ?? Je ne le sais pas encore... Tout ce que je sais, c'est que je me sens bien et heureux d'être ici et de ce nouveau moi.
Luis

vendredi 30 mars 2007

En route vers Tanambé

Remémorez-vous un épisode de “la croisière s’amuse” et vous aurez un avant goût de notre petite et fort sympathique traversée de l’océan indien…
Bon, il est vrai que la piscine était vide et couverte d’un filet et que nous n’avons pas pu en profiter… Mais même vide, elle est la marque d’un temps où le Mauritius Tronchetia était à son apogée. Le vieux ferry est maintenant bien rouillé mais il nous a mené à bon port : Tamatave (à l’est de Madagascar). Contrairement aux voyages en avion, sur un bateau on peut se ballader, prendre une douche chaude, dormir allongé, prendre le temps de rencontrer les autres passagers, et, lorsque la mer est calme comme un lac, faire une journée entière de tarot avec 2 accolytes bretons ! Donc une douce traversée rythmée par des songes bercés de vaguelettes !

A l’arrivée, une petite séance d’attente à la douane, histoire de se frotter aux autorités locales… Pas bien méchante ! Les douaniers avaient le sourire et vraiment pas envie de s’embêter à fouiller les sacs.

C’est là que nous avons retrouvé, Anicet, médecin et membre actif de l’association “vivre à madagascar”, qui nous a accueillis dans son pays et aidé dans nos démarches variées dont je vous passe les détails (rapport au visa de 3 mois et aux preuves que nous devons fournir de nos divers départs et arrivées). Nous allons donc rester jusqu’au 20 juin à Mada, puis prendre un avion de Mahajanga à Mayotte, d’où nous irons peut-être aux Comores ou au Mozambique, mais cela reste à définir sur place.

Ensuite… ah ensuite, nous avons pu nous délecter des joies du taxi-brousse post-cyclone, pour aller de Tamatave à Tanambé (au bord du lac Alaotra), environ 300 kms en 17 heures, un pur délice pour nos articulations !
Mais nous avons traversé des paysages variés de la côte humide et tropicale, jusqu’à la plaine des rizières, où se trouve le lac Alaotra, de nombreux petits villages et enfin … Tanambé !

Là, fatigués, las, éreintés des nombreuses altes dûes aux roues embourbées dans les routes ravagées par les éboulis du cyclone, nous avons
eu droit à un accueil des plus inatendus !!! Amélie, épouse d’Anicet et directrice de l’école “la performance” où nous allons intervenir, avait prévenu les enfants de notre arrivée. Ils nous attendaient tous alignés de chaque côté de l’unique rue de Tanambé, tapant dans leur mains et chantant “la bienvenue à Luis et Emilie”, ils nous ont fait sortir de la voiture et défiler tels des hauts représentants diplomatiques, pour notre plus grande gêne…
Ensuite, ils nous ont emmené jusqu’à l’école où ils ont hissé les drapeaux malgaches et français en chantant “la marseillaise”, puis l’hymne national malgache, nous étions dans nos petits souliers !

Depuis, heureusement, nous sommes revenus à des relations plus simples et plus saines, nous avons mis au point le programme de nos interventions avec la charmante équipe des professeurs. Nous sommes intervenus auprès de toutes les classes vendredi, proposant jeux, chants, démonstration de jonglage et de didgeridoo…
Les enfants sont emballés par le projet, ils ont très envie d’apprendre.
Déjà ce matin, presque tous les élèves tentaient de jongler avec les cailloux de la cour pendant la récréation et ce sont les filles qui s’en sortaient le mieux. Elles jouent souvent à un jeu qui nécessite de savoir jongler et ce sont elles qui montraient comment faire aux garçons. Nous faisons partie des rares “vazas” (étrangers) à être venus au village et suscitons une grande curiosité. Le projet consiste en une semaine d’ateliers “découverte” musique, danse, théâtre, jonglage jusqu’à mardi prochain, puis mercredi nous jouons “Dilse”, notre petit spectacle pour fêter les vacances de Pâques. Ensuite, les enfants partent pour 2 semaines de vacances. A leur retour, nous aurons 5 semaines pour monter un
spectacle où, volonté des enseignants, les 270 élèves participeront !!!
Nous avons donc du pain sur la planche…
Pendant leurs vacances nous allons aller à Tana, histoire de régler quelques détails administratifs, et rencontrer Virginie, de l’association “l’aléas du possible” qui a monté une école de cirque avec des enfants de la rue et avec qui nous allons sans doute faire une petite tournée en juin sur la côte de la vanille…

Tout va donc pour le mieux pour nous, du boulot, du boulot, mais on aime ça et on est là pour ça… Tanambé est un village des plus paisibles, où les habitants s’éveillent à 5H du mat, pour partir travailler dans les champs “à la fraîche” et où tout le monde dort à 22H ! Ca nous change de la Réunion.
Sinon, la connexion internet c’est pas vraiment ça, du 56K sur windows 98 me dit Loulou, alors les photos c’est pas pour tout de suite…

On vous embrasse tous fort,
Et attendez vous à ne recevoir des nouvelles que rarement, parce
qu’attendre 10 piges que ça marche, on le fera pas tous les jours !!!
Des bisous tout plein,

Milie et Loulou.

jeudi 1 mars 2007

Pourquoi remettre à aujourd'hui ce que tu peux faire demain !!

Oui... je sais...toujours en retard, même pour les informations !!!

Non pas qu'il n'y avait plus de courant. La dernière fois que l'on a été coupé toute la matinée pendant le cyclone, c'est parce que le disjoncteur avait simplement sauté et que l'on avait pas même pensé à cette éventualité !!!!!

Bref voici les dernières informations de nos vacan...euh...Aventures !!! Euh...non...vacances !!!

A lire de façon chronologique...ou pas !!

Luis

Tempête quand même !!

Mercredi 1 mars 2007.

Ca y est !!! Cette fois Gamede semble avoir définitivement pris le large vers le sud de l’océan après tous les caprices que nous avons subis ces deux derniers jours.
Alors qu’il avait quitté les côtes réunionaises, se dirigeant droit vers Madagascar, Monsieur Gamede a sûrement dû avoir quelques remords à détruire l’île Rouge.
En effet, il s’est brusquement arrêté, stationnnant à 0 km/h pendant quelques heures entre Mada et nous, se renforçant par la même occasion, avant de piquer plein sud dans la nuit de lundi à mardi, nous renvoyant sa puissance en pleine figure.
Après l’Est et le Nord, c’est au tour de l’Ouest et du Sud de faire face au cyclone.

Constatant l’ampleur des dégâts matériels et le coût de l’activité économique qu’ils induisaient, l’alerte orange a été déclarée lundi matin par le préfet. Alors que le temps était bien plus mauvais que lors de l’alerte rouge, les grands décideurs de l’île ont imposé aux habitants de reprendre le travail, à la grande colère de ces derniers. Beaucoup ont dû emprunter dans la matinée les routes de montagne, craignant des coulées de boue ou des ravines en crue. Certains se sont logiquement retrouvés bloqués sur le chemin du retour, ne pouvant rejoindre leur famille après qu’une nouvelle alerte rouge ait été déclarée en fin d’après-midi. Heureusement, certaines personnes ont montré toute leur solidarité en téléphonant aux radios pour proposer un hébergement à ces “SDF d’un soir”.
De plus, les centres d’hébergements de chaque ville ont accueilli, en plus des sans abris habituels, des dizaines de personnes qui avaient peur de rester chez elles, des habitants ayant une piscine à la place de leur maison ainsi que des passagers qui devaient prendre l’avion ces jours derniers.

Les écoles ont ouvert depuis aujourd’hui. Les professeurs des villes du Nord et du Sud, ne pouvant aller travailler à cause de la destruction d’une partie du pont de la rivière St Etienne, s’organisent pour intervertir géographiquement leurs postes, même constat dans d’autres secteurs, en attendant une ouverture éventuelle de la portion “intacte”. Certains commerçants et particuliers, ayant passés ces 4 jours d’isolement en famille, ont eu la désagréable surprise d’avoir été “visités” par des voleurs qui n’ont pas hésité à profiter de l’alerte rouge pour s’enrichir les poches. Même sanction avec la voiture de Fred qui venait de tomber en panne à moins de 100 mètres d’où nous logeons : à peine une heure plus tard, il a retrouvé deux grosses pierres, qui avaient traversé le pare brise arrière, à la place de sa tente.

Le deuxième passage de Gamede a donc fait une nouvelle fois de nombreux dégâts, un “héros” et deux morts : lorsque l’alerte rouge est déclarée, les habitants ont 3 heures maximum pour rentrer chez eux. Ensuite, plus personne n’a le droit de circuler sous peine d’une grosse amende et de se voir conduit de force dans un centre d’hébergement jusqu’à la levée de l’alerte.
Une femme de 40 ans, qui voulait rentrer chez elle pour se mettre à l’abri, a tenté de traverser un radier, innondé par 80 cms d’eau et un fort courant, n’écoutant pas les consignes de sécurité et les avertissements des personnes qui se trouvaient de l’autre côté du radier. Elle s’est fait immédiatement emportée avec sa voiture par la ravine en crue.
La veille, un homme avait également tenté de traverser à pied un autre radier inondé. Même conséquence malheureuse.

Et comme toute catastrophe a toujours son “héros”, les médias font une double page aujourd’hui sur un réunionais, d’origine chinoise, qui n’a pas hésité à se jeter à l’eau pour sauver quelqu’un qui s’était fait emporter par le courant d’une ravine.

Le beau temps est enfin revenu…avec les mouches, les moustiques et les abeilles dans la case.
Je suis un peu déçu de constater que la pluie et le vent n’étaient plus là pour célébrer mon anniversaire hier. Cela aurait été tout un symbole ! C’était plutôt une pluie de rhum qui s’est abattu sur moi hier soir. Pour quelqu’un qui ne boit pas, c’était également tout un symbole !!
La fête est donc au rendez-vous car nous célebrions mes 30 ans hier et les 10 ans de mariage de Fred et Marie aujourd’hui. 10 ans déjà pour ce couple génial avec qui nous nous entendons si bien. Que votre couple et votre famille continuent à vivre de belles aventures…

Nous allons enfin pouvoir préparer ces deux évènements comme prévu ce week-end dans le jardin avec une trentaine de personnes et une bonne dizaine de marmays (enfants en créole). Ainsi Milie et moi allons pouvoir nous remettre en jambes en jouant notre spectacle devant notre premier public réunionais, avant de partir pour Madagascar le 19 mars prochain.

Luis.

dimanche 25 février 2007

L'attaque des cyclones

Dimanche 25 février 2006.

Fini la dorade au soleil, la plongée, les randonnées sur le littoral ou en montagne, les barbecues…bref fini le farniente depuis deux jours. Bonjour les chaussures et les ponchos étanches, la séquestration à la maison, les moustiques, les mouches, la pluie, le vent, le vent, la pluie, la pluie…
Non pas que nous ayons quitté la Réunion. Bien au contraire, nous sommes confinés à la case depuis que l’île est sur la trajectoire de Gamede, le plus gros cyclone depuis ces trois dernières années apparemment, et que le préfet a annoncé l’alerte rouge pour tous les habitants.
Il vient du Nord Est, s’étend sur plus de 1500 kilomètres de long et son oeil est plus gros que l’île elle-même. Il est passé à moins de deux cents kilomètres cette nuit au Nord des côtes de la Réunion. A l’heure actuelle, il commence à s’éloigner vers le sud ouest et semble malheureusement se diriger droit vers Madagascar et, vu la puissance du phénomène, il pourrait tout dévaster sur son passage.

Déjà ici, le département français vient de prendre un sérieux coup de massue sur la tête :
Selon les informations, plus de 100 000 personnnes se retrouvent sans eau, électricité ou téléphone. Les champs de canne à sucre sont détruits (naaaannn ! ça veut dire plus de rhum !! ), les bananiers et les arbres fruitiers sont couchés (les avocats, les mangues, les fruits à pain et les Ti’Jacques n’ont même pas atteind le stade de la maturité qu’il y en a des tonnes par terre). Les ravines sont pleines (cela va les nettoyer des épaves de voitures et autres ordures non organiques…) et les radiers inondés, bloquant ainsi les routes. Le pont reliant le Nord et le Sud a été emporté partiellement, coupant malheureusement toute circulation routière, ce qui pose un énorme problème économique : les magasins sont vides, les gens au sud de l'île se ruent aux stations service car le ravitaillement en essence arrive du nord, les automobilistes doivent emprunter la route de la montagne pour aller travailler, augmentant ainsi leur trajet d’une centaine de kilomètres, un détour de deux heures minimum (on ne peut même plus aller se confronter aux fameuses vagues d’Etang Salé), les lagons sont ravagés par la boue, tuant ainsi la faune et la flore aquatique, attirant par là les requins à l’affût de cadavres de poissons…
Mais jusque là aucune perte humaine n’est à déplorer.

Et nous là dedans ? Et bien nous devions être idéalement situés car nous n’avons connu aucun problème : nous avons toujours l’électricité, le téléphone, Internet. Seule l’eau a été coupée au matin.
Nous avons attendu Gamede toute la nuit ici autour d’un tarot-rhum bien arrangé mais en vain. Nous avons même dû brancher le ventilateur tellement il faisait chaud !!!
Comme tout le monde lors d’un évènement aussi rare et aussi intense, la peur de la destruction et de la mort ainsi que la fascination que peut procurer cette peur se confrontent à chaque instant. La curiosité est parfois un vilain défaut.

Voilà pour l’instant les nouvelles de Gamede. Il semble s’éloigner mais Humba, un autre cyclone situé à plus de 1000 kilomètres à l’est de la Réunion pourrait également nous menacer dans les jours à venir. En moins de deux semaines, c’est le troisième système cyclonique qui se créé dans cette partie de l’océan indien et dont deux sont toujours en activité. Fait extrêmement rarissime.

Y aurait-il un lien avec ma venue sur l’île ? Quel égocentrisme me direz-vous !!
Mais ceux qui ont eu l’habitude de voyager avec moi (!!!) savent, à leur dépend, pourquoi on m’a surnommé “Rain man”, l’homme de la pluie !!! Et non pas à cause du film !!!

Luis

vendredi 23 février 2007

On prend le rythme !



Coucou les gens,
La vie continue son cours tranquille sous les tropiques... Avertis, nous savons maintenant qu'il faut toujours remettre au lendemain, ce que tu pourrais faire aujourd'hui... Question de principe ! C'est sans doute pour cela que nous avons mis plus de 15 jours à goûter les fameuses mangues josé, alors que de petits vendeurs bordent toutes les routes !
Malgré tout, nous poursuivons doucement notre découverte de l'île. Du côté de l'océan indien, nous explorons les lagons, armés de nos masques et tubas (paye tes explorateurs !) , et découvrons poissons-coffres, poissons-trompettes, murènes, poisson-ballon, et tous ceux dont on ne connait pas les noms... C'est le festival des couleurs flashies !
Du côté terrestre, on a commencé à randonner un brin (nos mollets souffrent le martyr !), une première rando le long de la mer dans le sud sauvage, bonheur de lumières et de végétations à moindre effort (avec passage sur une coulée de lave bien vieille et bien refroidie), une deuxième beaucoup plus sportive (genre Morretes au Brésil, clin d'oeil aux filles du Paraguay), pour descendre jusqu'au "grand bassin"... Une cascade d'eau douce, encaissée au fond d'un profond vallon.
Sinon le quotidien reste doux et serein, Fred et Marie adorables, et leurs marmailles qui commencent à bien nous faire craquer et à nous donner des envies... Et leurs zamis qui ressemblent étrangement aux notres. On prépare une bonne grosse tawa la semaine prochaine pour fêter leurs 10 ans de mariage et les 30 ans du Loulou, on va jouer un petit coup le spectacle pour l'occasion, histoire de se remettre dedans avant de se frotter au public malgache.
Heureusement les aléas réunionnais viennent pimenter ce paradis : un nouveau cyclone se crée tous les 4 jours dans l'océan indien (à chaque fois, on fait des réserves de bouffe au cas où, mais jusque là rien senti, même pas mal !) , les plombs de la case qui sautent dès que nous lançons une machine, parce que l'instal est pourrie, et l'eau du robinet qui parfois ne coule plus lorsque celle des nuages a trop coulé auparavant.
Et puis le départ approche, bientôt fini les vacances, à priori on prend le bateau pour Mada le 5 mars, à confirmer... La suite au prochain épisode !
Voili, voilou pour nous, on attend que vous nous contiez vos vies à vous, parce qu'on vous aime, parce que sans vous on aura jamais envie de revenir dans un an !

Muitos beijinhos a todos,

Milie

dimanche 11 février 2007

Oté de la France d'en bas !!!

Mi souhét à zot la bienveni,

Bienvenue dans un pays où l’on vous interdit d’emmener une lime à ongle et du canisse de jus de raisins mais vous autorise tout de même le port de digeridoo de 5kgs à bord d’un avion de ligne, un pays où les stewards chauves vous accueillent déguisés en Chicco, une nation où les gendarmes mobiles vous engueulent comme un vieux chauffard, lorsque vous vous êtes trompés de voie, mais ne vous arrêtent pas parce qu’il fait vraiment trop chaud pour travailler, une terre où meme les plus précaires ont une case (en plus!) et un bout de terrain de 200m2 pour laisser Mère Nature la Luxuriante faire son oeuvre de bienfaisance et subvenir aux besoins naturels de tout être humain, une population (plus qu’un peuple) éclectique, tolérante, ouverte à la mixité et qui ne supportent pas Sarkozy (il dort sur l’île Maurice tellement il est terrorisé quand il doit venir ici!), un pays où l’on peut voir la pluie tomber sur les pythons et les cirques pendant que l’on grille au soleil en faisant de la plongée dans les lagons brûlants et turquoise.

Ce pays n’est pas une carte postale ou un rêve, ce pays existe vraiment et il s’appelle…la France !!! Avec même ses Décathlons, Carrefour, Géant, Leader Price et Mac Do qui font tous un carton, et avec ses ravines qui subissent les désastreuses conséquences écologiques de cette course à la consommation si mal maîtrisée !! “Que faire de tous ces déchets non organiques, ces carcasses de machines et autres épaves de voitures, lorsque l’on habite sur une île ??” L’océan indien va mal à chaque grosse tempête ou cyclone qui “purifie” les ravines…

Mais Léza malheureusement est là !!!!!!!!!

Il fait vraiment doux de vivre dans cette France d’en bas où il y a le plus de Français assujettis à l’ISF !!!
Non c’est vrai, c’est agréable de voir de jeunes gens sans beaucoup d’argent avoir un toit, un frigo, prendre le temps d’éduquer leurs enfants, avoir le droit de se dorer la pilule sur des plages magnifiques et la chance (?) d’admirer une île de toute beauté, toute l’année, comme le font des hommes fortunés ou des retraités qui ont travailllé toute leur vie pour cela.
Bref comme vous le voyez, c’est plutôt Farniente qu’Aventure en ce moment, même si aujourd’hui il a fait tellement frisquet que j’ai dû mettre un débardeur !

Nous faisons de chouettes rencontres, jouons au tonton et à la tata avec plein de marmailles, goûtons les mets créoles (protéines de soja et légumes, salade de chèvre chaud et légumes, omelettes, et patates-camembert au feu de bois dans des baguettes de pain) et savourons la faune et la flore franco-tropicale (hier encore, sous le patio de la maison, un caméléon s’est retrouvé nez à nez avec nous lorsque la liane d’une plante à laquelle il venait de s’accrocher est retombée, avec lui, à 30 cm de la table à manger).

Nous ne connaissons toujours pas la suite des événements mais notre chemin semble se diriger également vers le Mozambique entre deux séjours à Madagascar.
A suivre donc…
Un petit mot à notre famille, à nos coollocs, à nos amis de partout en France et d’ailleurs, à nos collègues, camarades et à ceux qu’on ne connait pas : un GROS bisous à vous tous et Vive la France d’en bas !!!

Votez Bové !!

LUIS

mercredi 7 février 2007

Nouveaux zoreilles!

Coucou les amis,
Nous voilà enfin au pays où la CAF s'appelle "argent braguette", où l'eau des lagons est presque trop chaude, où l'on prend le temps, tranquillement, un curieux mélange de cultures entre l'Afrique,l'Asie et l'occident, on retrouve nos amis les indiens et leurs temples sacrés !
Le voyage s'est bien passé,déjà ds l'avion régnait un avant-goût du second degré créole, l'équipage mort de rire et joueur,stewarts avec perruque,du jamais vu !
On est bien installés ds la tite case des copains, entre mer et montagne, loin des infrastrucures du bord de mer, du macdo,carrefour et du tout nouveau décathlon qui ne désemplit pas!
Pas encore de grandes aventures à vous compter, mais ça viendra...Pour l'instant les projets, c'est apéro-tit-barbec avec les copains, baignades, savourer les fruits de la passion bientôt mûrs, camping sur la plage vendredi, et randos la semaine prochaine du côté des volcans... Nous nous emplissons de douceur insulaire avant de prendre la route pour la plus mystérieuse voisine malgache.
On vous embrasse fort,
Milie et Luis